Opposée à la guerre en Ukraine, : Une militante suspend le principal journal télévisé russe

International

Au soir du lundi 13 mars 2022, lors de la diffusion du journal télévisé le plus regardé de Russie, avec une pancarte critiquant l’offensive militaire en Ukraine, une femme fait irruption à l’antenne.

Une scène extrêmement rare en Russie, un pays où l’information est strictement contrôlée. La scène s’est produite lors du principal programme d’information du soir de la plus puissante chaîne télévisée du pays, Pervy Kanal, baptisé Vremia “Le temps”. Un rendez-vous quotidien suivi par des millions de Russes depuis l’époque soviétique. Pendant que la célèbre présentatrice Ekaterina Andreïeva parle, Marina Ovsiannikova surgit derrière elle avec une pancarte sur laquelle on peut lire : « Non à la guerre. Ne croyez pas à la propagande. On vous ment, ici ». « Les Russes sont contre la guerre », peut-on encore lire sur la pancarte sur laquelle le drapeau de l’Ukraine et celui de la Russie sont dessinés.

Selon les informations rapportées par Radio France Internationale, Marina Ovsiannikova a été arrêtée et emmenée au commissariat.

Par ailleurs, dans une vidéo enregistrée préalablement et publiée par OVD-Info, Marina Ovsiannikova explique que son père étant Ukrainien et sa mère Russe, elle n’arrive pas à voir les deux pays comme ennemis. « Malheureusement, j’ai travaillé pour Pervy Kanal ces dernières années, faisant de la propagande pour le Kremlin. J’en ai très honte aujourd’hui », dit-elle. « J’ai honte d’avoir permis que des mensonges soient diffusés à la télévision, honte d’avoir permis que le peuple russe soit “zombifié” », a-t-elle  ajouté

La vidéo de la dite scène a connue une  propagation à l’instar d’ une traînée de poudre sur les réseaux sociaux. À cet effet, de nombreux internautes   saluent le “courage” de cette femme, dans un contexte de brutale répression contre toute forme de dissidence. D’après les informations de la Radio France Internationale, dans leur tentative de contrôler toute l’ information au sujet du conflit, les autorités ont bloqués la plupart des médias encore indépendants, ainsi que les principaux réseaux sociaux comme Twitter et Facebook.

M.A.Y.