Un fonctionnaire de la Police républicaine a comparu mardi 9 juin 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) pour « abus de fonctions ». Il est accusé d’avoir reçu de l’argent d’un usager impliqué dans une procédure en cours dans son commissariat.
Selon l’accusation, le policier aurait perçu 80 000 FCFA d’un plaignant. Ce dernier, entendu dans le cadre d’une enquête, a déclaré avoir remis cette somme au fonctionnaire lors de ses différents passages au commissariat. C’est ce même plaignant qui a ensuite saisi la hiérarchie policière pour dénoncer les faits.
La version du prévenu
Interpellé par sa hiérarchie, le policier a reconnu avoir reçu de l’argent de l’usager. À la barre ce mardi 9 juin, il a maintenu ses aveux mais a contesté le montant évoqué. Il affirme n’avoir perçu que 40 000 FCFA, en deux tranches : 30 000 FCFA lors d’un premier passage du plaignant, puis 10 000 FCFA une seconde fois.
Interrogé par la Cour sur la contrepartie de ces gratifications, le prévenu a assuré que l’usager ne lui avait demandé aucun service. Il a précisé avoir auditionné le mis en cause sur procès-verbal et transmis le dossier selon la procédure normale. « Je ne comprends pas les réelles motivations de la dénonciation », a-t-il déclaré, vêtu de son gilet de détenu.
Un précédent évoqué par la Cour
Durant l’audience, la Cour a rappelé que le policier ne serait pas à son premier incident du genre. Le juge lui a reproché de poursuivre ces pratiques malgré les sanctions existantes.
« Peut-être que le plaignant ne voulait pas que son dossier aille au tribunal », a ironisé la Cour, relevant que la procédure concernant l’usager avait pourtant suivi son cours normal, selon les déclarations du policier.
Après les débats, l’affaire a été renvoyée au 21 juillet 2026 pour continuation. Le prévenu reste poursuivi pour abus de fonctions devant la juridiction spéciale.
Boniface KABLA