Aux Comores, la condamnation à mort du principal accusé dans l’assassinat de Naicha Mmadi Abdou, 22 ans, morte dans d’atroces conditions en mai dernier, remet en lumière la question de la peine capitale. Jeudi 15 octobre 2026, la cour d’assises de Moroni a condamné Fahami Moustoifa à la peine de mort pour ce crime. Son coaccusé, Athoumane Abdouroihamane, a écopé de 25 ans de réclusion criminelle, tandis qu’Elamine Moumine, poursuivi pour complicité passive, a été acquitté. Le parquet général a fait appel de ces deux dernières décisions. Un verdict prononcé dans un pays où aucune exécution capitale n’a eu lieu depuis 1997.
Pour une partie de l’opinion, cette condamnation à mort soulève une interrogation : quelle portée peut avoir une telle peine si le condamné n’est pas exécuté ? Aux Comores, la peine capitale n’est plus appliquée depuis près de trente ans.
De son côté, le procureur général défend malgré tout son maintien. Selon lui, puisque la peine de mort existe dans la loi, elle doit pouvoir être appliquée, mais seulement après épuisement des recours et dans le respect des conditions légales.
Un débat relancé depuis l’assassinat brutal d’une jeune femme
Le débat ne date pas de ce verdict. Dès mai dernier, après l’assassinat de Naicha, l’avocate Faïzat Saïd Bacar dénonçait l’illusion d’une réponse forte. Selon elle, la peine capitale ne traite pas les causes profondes de la violence. L’avocate privilégie la prévention.
Lors du procès, le parquet avait requis la peine de mort contre Fahami Moustoifa et Athoumane Abdouroihamane, et la réclusion criminelle à perpétuité contre Elamine Moumine, poursuivi pour complicité passive. Des réquisitions que la cour n’a suivies que partiellement.