Un ancien ministre exprime sa vive émotion et sa profonde indignation

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Stanislas Kpognon, haut cadre de la banque mondiale ancien ministre des finances exprime sa vive émotion et sa profonde indignation après l’annonce par la menace du Collectif des praticiens des hôpitaux qui envisage d’organiser du 10 au 17 février une semaine qualifiée d’ “Hôpitaux Morts Sans Médecins”. Lisez son opinion.

La presse rapporte que, du 10 au 17 février 2014, une journée, qualifiée par le collectif des praticiens hospitaliers “Hôpitaux Morts Sans Médecins” sera organisée dans le cadre d’une grève de revendications catégorielles. Il est envisagé une suspension complète des soins médicaux, voire des soins d’urgence dans les Hôpitaux Publics, avec refus de toute réquisition, le cas échéant. Cette annonce, si elle se matérialise serait dramatique, insensée et totalement irresponsable.

Cette perspective m’est insupportable, en tant que citoyen responsable et humaniste. Elle est tout autant Insupportable, je le présume, à tout Béninois épris d’un minimum d’humanité. Je voudrais, en la circonstance, exprimer haut et fort, ma vive émotion et ma profonde indignation. Loin de moi l’intention de m’ériger ici en moralisateur ou en donneur de leçons. Cette perspective d’Hôpitaux Morts sans médecins sans soins est effrayante! !! Il est vrai: le droit de grève est un des droits précieux des travailleurs, reconnu et consacré par notre Constitution. En aucun cas, ce droit ne doit être ni compromis, ni violé, tant par la puissance publique que par les travailleurs bénéficiaires eux-mêmes. En annonçant une suspension complète des soins médicaux, voire des urgences, dans les Hôpitaux Publics avec refus de toute réquisitions, c’est-à-dire en clair, sans Service minimum, les praticiens hospitaliers poseraient un acte cynique, abusif, attentatoire à la vie des gens, en contradiction flagrante avec l’esprit et la lettre du Serment d’HIPPOCRATE auquel toute personne exerçant le métier et l’art de la médecine est déontologique ment astreint. Nous nous sommes informés et nos recherches nous permettent de rappeler (bien entendu sous le contrôle de nos médecins) que la profession médicale s’organise autour de règles qui se réfèrent essentiellement à :
1/ la défense de la vie;
2/la défense du secret professionnel, droit fondamental du malade;
3/l’égalité de la prise en charge des êtres humains, face à la souffrance et la maladie.

Au regard de ce corpus de prescriptions normatives et éthiques, nous voyons mal comment une grève du collectif des praticiens peut envisager une suspension des soins médicaux, voire des urgences, sans SERVICE MINIMUM. Si la menace se matérialisait, il y aurait sans contexte, non-assistance à personne en danger, tout comportement que le droit pénal condamne et que la morale réprouve. Le droit de grève est une chose; il sied de savoir l’exercer. L’abus du droit de grève en est une autre. Quand le droit viole l’éthique, il se corrompt; c’est l’illustration patente de l’adage universel qui clame qu’est VAIN, ce qui est excessif. De notre point de vue, nous voyons mal comment des syndicalistes médicaux se satisferaient, en toute conscience, de revendications conquises sur la base de cadavres, résultats funèbres de malades morts faute de soins médicaux.
Et parmi ces morts, peut-être des parents, des amis, certainement des compatriotes béninois ou béninoises, qui, habités par conviction ou par réflexe, par une certaine solidarité citoyenne, s’attendent, à bon droit, d’être traités médicalement, de recouvrer la santé et de jouir de la vie si chère à tous. Ce serait trop cher payer que de recueillir d’une grève, des gains corporatifs au détriment des malades et des souffrants. Le droit que la morale n’informe pas est un droit condamné parce qu’inhumain !! Les analyses et réflexions ci- dessus renvoient, en dernier ressort, à un problème de gouvernance concertée et de dialogue social apaisé. Le Chef de l’Etat et ses collaborateurs commis à ces défis doivent se mouvoir pour inventer et affuter une Action autour de trois pôles stratégiques: 1/ La psychologie; 2/ La tactique, 3/ La technique des dossiers prioritaires. Cette rencontre Syndicats-Gouvernement subira l’infortune de devoir se dérouler dans un climat politique lourd et difficile.

Il incombera des lors au Chef de l’Etat par une ” Parole Spéciale de Dégel et d’Apaisement “destinée à briser la glace et à détendre l’atmosphère. Et ceci ne serait qu’un début d’un mouvement de détente et de paix attendu par tous depuis longtemps. Il sera de la plus haute importance que les syndicats mettent de l’eau dans leur vin; je veux parler de la radicalisation de la position syndicale : s’ouvrir aux échanges et au dialogue; l’écoute des uns et des autres est cruciale. La concertation n’impose pas; elle requiert le respect réciproque ; la sérénité à rechercher sans relâche.

Seules la sérénité, la compréhension réciproque pourront accoucher de nouvelles espérances. Nous comptons sur la sagacité, la retenue et la maturité des syndicats. Nous attendons du Chef de l’Etat un leadership serein qui apaise, réconcilie, attentif aux revendications syndicales, et sauvegardant bien entendu, dans un nécessaire équilibre à inventer, ce qui est véritablement possible et bien pour CHACUN et pour TOUS. Nous invitons le Président Boni Yayi à se manifester en centre de la paix et de rassembleur de tous les Béninois.