Sommet Russie-Afrique : Poutine vante une conception de l’ordre mondial avec plus de place pour le continent

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Le troisième sommet Russie-Afrique se poursuit ce 29 octobre 2026 à Moscou. Après une première journée principalement consacrée au forum économique commun, Vladimir Poutine et une vingtaine de chefs d’État et de gouvernement sont réunis depuis ce jeudi matin en séance plénière pour évoquer plus spécifiquement les questions géopolitiques et la place de l’Afrique dans le monde.

Changement de décor pour ce deuxième jour du troisième sommet Russie-Afrique : c’est au grand palais du Kremlin que se tient cette séance plénière dirigée par Vladimir Poutine, ce jeudi 29 octobre. Une tribune qui permet au président russe de réexposer sa conception d’un ordre mondial multipolaire, de charger l’Occident et sa politique africaine qu’il qualifie de néocoloniale.

Face à cela, la Russie propose, selon lui, une approche non prédatrice, une coopération qui garantit la souveraineté de chaque pays.

Autour de la table, un par un, les dirigeants africains prennent la parole. Le Centrafricain Faustin-Archange Touadéra, l’un des alliés proches de Moscou sur le continent, s’est exprimé en premier. Plusieurs disent partager la conception du monde proposée par la Russie. Beaucoup insistent sur l’importance pour l’Afrique de faire entendre sa voix sur une scène internationale dont elle n’est pas déconnectée.

« Les conflits en Ukraine ou au Moyen-Orient ne sont pas lointains pour nos peuples. Ils se lisent dans le prix des denrées, des engrais de l’énergie », souligne par exemple le président de la RDC qui en a profité pour évoquer la situation régionale à l’est de son pays. Félix Tshisekedi appelle la Russie, en sa qualité de membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, à soutenir l’application de la résolution demandant le départ de son territoire du M23, groupe armé soutenu par le Rwanda. Un Rwanda représenté à Moscou par son Premier ministre, le président Paul Kagame étant absent.

La question devrait être évoquée à nouveau ce vendredi à l’occasion d’un entretien bilatéral, Vladimir Poutine multipliant les rencontres depuis mercredi, une vingtaine figurant à son agenda.

L’Éthiopie réceptionne 12 avions de chasse russes

De premières annonces sont déjà tombées. Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a ainsi confirmé, le 28 octobre, à l’issue de sa rencontre avec le président de la Russie, la réception de 12 avions de chasse russes. Quatre batteries de systèmes de défense anti-aérienne doivent aussi être livrées, dans un contexte de grande tension avec l’Érythrée, dont le président – réputé proche de Moscou – est également présent au sommet. La diplomatie russe a d’ailleurs proposé sa médiation entre les deux pays.

Aujourd’hui, d’autres rencontres bilatérales sont prévues pour Vladimir Poutine, avec les dirigeants du Kenya, de la Namibie, de Madagascar et du Soudan, à suivre, alors que les gouverneurs de Port-Soudan et de Saint-Pétersbourg ont récemment signé un accord de coopération. La Russie a pour projet l’installation d’une base navale sur la mer Rouge.

Le marathon diplomatique de Vladimir Poutine se poursuivra vendredi, après le sommet : une dizaine de rendez-vous sont encore prévus, avec les dirigeants du Mali, du Togo, de la RDC ou de l’Érythrée.

 

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