(Il plaide pour l’apaisement politique, la libération des détenus politiques, le retour des exilés et un dialogue national plus inclusif)
Réunis ce 10 octobre 2026 à Porto-Novo, les militants du parti Les Démocrates tiennent leur deuxième congrès ordinaire, trois ans après celui de Parakou, sans Boni Yayi, qui s’est retiré de la vie politique pour « raisons de santé ». Entre bilan politique, crise interne et perspectives d’avenir, le président du parti, Nourénou Atchadé, appelle à la cohésion et à la remobilisation, avec le soutien de délégations politiques venues notamment de Côte d’Ivoire et du Nigeria.
Le parti Les Démocrates veut tourner une nouvelle page de son histoire politique. Ce samedi 10 octobre 2026, des milliers de congressistes ont rallié British – Espace de Porto-Novo, pour le deuxième congrès ordinaire de la formation politique, après celui organisé en octobre 2023 à Parakou. Vêtus de blanc et coiffés de casques rouges estampillés du logo du parti, les militants ont répondu massivement à ce rendez-vous placé sous le thème : « Bâtir un parti plus uni et restaurer la confiance avec le peuple : Les Démocrates déterminés pour défendre la démocratie, l’État de droit et la justice sociale. »
À l’ouverture des travaux, le président du parti, Nourénou Atchadé, a donné le ton en insistant sur la nécessité de consolider les acquis, de surmonter les divisions internes et de redonner à la formation politique sa place dans le débat national.
« Les Démocrates demeurent debout, mobilisés et résolument engagés au service du peuple béninois », a-t-il affirmé devant les militants et les délégations invitées.
Atchadé face aux défis électoraux et à la crise interne
Dans son discours d’ouverture, Nourénou Atchadé a dressé un tableau critique de la situation politique nationale, notamment au regard des élections générales de 2026. Il a dénoncé les conséquences des réformes électorales sur le pluralisme politique et rappelé que son parti a été écarté de la présidentielle et des élections communales, avant de se retrouver sans représentation à l’Assemblée nationale, malgré plus de 500 000 voix obtenues, selon les chiffres avancés dans son allocution.
Pour le responsable politique, une démocratie ne peut se résumer à l’organisation des élections. Elle doit également garantir « l’égalité des citoyens devant la loi, le pluralisme politique, la liberté d’expression, l’équité électorale » et la participation effective des différentes sensibilités politiques à la vie publique. Mais au-delà de ses critiques contre le système électoral, le président des Démocrates a reconnu les difficultés internes traversées par sa formation politique après la présidentielle d’avril 2026. Des divergences ont conduit certains responsables et cadres à prendre leurs distances avec la ligne du parti.
Face à cette situation, trois priorités ont été mises en avant : restaurer la cohésion interne, améliorer le fonctionnement de l’organisation et renouer la confiance avec les populations. « Un parti politique n’existe pas pour lui-même, il n’a de raison d’être que pour le peuple et au service de l’intérêt général », a souligné Nourénou Atchadé.
Il a également exhorté les militants à dépasser les querelles personnelles et les ambitions individuelles. « Nous devons restaurer la confiance entre nous. Nous devons apprendre à débattre sans nous déchirer », a-t-il insisté.
Le congrès devra ainsi permettre de renforcer les structures du parti à la base, de former de nouveaux cadres et de préparer les prochaines échéances politiques. Nourénou Atchadé a, par ailleurs, plaidé pour l’apaisement politique, la libération des détenus politiques, le retour des exilés pour des motifs politiques et un dialogue national plus inclusif.
Des délégations étrangères affichent leur solidarité
Ce deuxième congrès ordinaire a également enregistré la présence de plusieurs personnalités politiques béninoises et étrangères. Parmi elles figurent une délégation du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPACI), formation politique de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, des représentants du Social Democratic Party du Nigeria, ainsi que des responsables de la FCBE et du parti Moele-Bénin, notamment Garba Yaya et Jacques Ayadji.
Au nom de la délégation nigériane, le représentant du Social Democratic Party, Prince Henry Amikè, a exprimé sa proximité avec le combat politique du parti Les Démocrates. « Nous sommes le parti démocrate social du Nigeria. Nous vivons les mêmes réalités que le Bénin », a-t-il déclaré, en apportant son soutien à la lutte menée par le parti d’opposition béninois. Il a également adressé une invitation au président Nourénou Atchadé pour un rendez-vous politique au Nigeria, illustrant la volonté de renforcer les relations entre les deux formations.
Du côté ivoirien, l’envoyé du PPACI, Hubert Oulaye, a transmis les salutations et les encouragements de son parti aux responsables et militants de Les Démocrates. Son intervention a mis l’accent sur la nécessité d’une solidarité entre les forces politiques africaines, notamment dans les combats pour la souveraineté des États, la démocratie et le bien-être des populations.
Le représentant ivoirien a notamment défendu l’idée d’une coopération renforcée sur les plans politique, diplomatique, économique, social et culturel. Il a également souhaité que les travaux du congrès favorisent une meilleure cohésion interne et donnent un nouvel élan au parti béninois.
Un congrès décisif pour l’avenir du parti
Pour Les Démocrates, l’enjeu de ces assises dépasse le simple renouvellement de la vie interne du parti. Il s’agit de retrouver une dynamique collective après les revers électoraux et les tensions internes, tout en réaffirmant leur rôle dans la défense du pluralisme et de l’État de droit.
Nourénou Atchadé a invité les congressistes à privilégier des débats francs, dans un esprit d’ouverture et de fraternité. Il souhaite voir émerger, au terme des travaux, un parti « plus uni, plus fort, plus organisé et plus déterminé ».
À Porto-Novo, les concertations prennent fin dimanche 11 octobre 2026 afin de renouer avec les populations et préparer les prochaines échéances dans un environnement politique marqué par de profonds défis.
Aser ABALLO
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