CAN 2022 : Les Lions du Sénégal, favoris malgré eux

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Qualifiés pour les demi-finales de la CAN 2022 après leur victoire contre la Guinée équatoriale, les Sénégalais se projettent vers leur prochain match contre le Burkina Faso, avec en tête la perspective d’une nouvelle finale. Mais n’allez pas leur dire pour autant qu’ils sont favoris. S’ils visent enfin un premier sacre, les Sénégalais ne veulent pas s’ajouter davantage de pression sur les épaules.

Pour la sixième fois de son histoire, le Sénégal est dans le dernier carré de la Coupe d’Afrique des nations. Et pour la première fois, la sélection nationale réussit à atteindre ce niveau pour la deuxième fois consécutive. Après l’édition 2019, où ils avaient battu la Tunisie avant de tomber contre l’Algérie en finale (1-0), les Lions de la Téranga vont affronter le Burkina Faso en demi-finale de cette CAN 2022.

« C’est une très belle victoire. La victoire est toujours belle. On a fait le match qu’il fallait », a apprécié Sadio Mané après la rencontre, dimanche 30 janvier, au stade Ahmadou-Ahidjo contre la Guinée équatoriale. Le joueur de Liverpool a été passeur décisif sur le premier but du match signé Famara Diedhiou.

« ‘Favoris’, ce mot est banni chez moi »

Annoncé parmi les plus sérieux prétendants au titre avant le début de la CAN, le Sénégal a quelque peu refroidi cet enthousiasme après un premier tour compliqué. Le succès face aux Équato-guinéens ravive la flamme. « Nous avons eu un début de préparation très difficile. Beaucoup de gens disaient que l’on cherchait des excuses mais quand vous perdez 10 joueurs, c’est normal que le début soit poussif », nuance Aliou Cissé. Mais le sélectionneur en convient : « Le Sénégal monte en puissance. »

De quoi lui coller à nouveau l’étiquette de favori ? « Oui et non… En Afrique, c’est difficile de mettre un favori », hésite Nampalys Mendy, milieu défensif à Leicester. Le joueur de Naples, Kalidou Koulibaly, lui, est plus tranché quant à ce statut attribué au Sénégal : « Moi, je ne l’assume pas. Ce sont les gens qui nous disent favoris. »

Réponse aussi catégorique chez le Parisien Abdou Diallo : « Ça ne veut rien dire, ‘favoris’. C’est un mot qui est banni chez moi. Comment définit-on un favori ? Sur le papier ? Après, il y a l’animation, la forme du moment, plein de choses qui entrent en jeu. »

« Nous sommes là pour gagner, rien d’autre »

« Non, on n’est pas favori. Dans ce tournoi, il n’y a pas de favori », insiste Cheikhou Kouyaté. L’auteur du deuxième but face à la Guinée équatoriale se méfie du retour de bâton : « Si tu dis que tu es favori, tu peux te prendre une raclée. » C’est peut-être les déceptions du Sénégal, jamais sacré en CAN (deux défaites en finale, trois fois demi-finaliste), qui incite à cette prudence.

Joseph-Antoine Bell, consultant de RFI, rit légèrement en entendant les Sénégalais. « Le Sénégal est favori d’abord parce que dans ce dernier carré, c’est la seule équipe qui y était déjà la dernière fois (en 2019) », explique-t-il, en rappelant que les Lions de la Téranga sont la nation africaine la plus haute au classement actuel de la Fifa*. Bien sûr, « les favoris se donnent sur le papier, les vainqueurs sur le terrain », et le palmarès vierge du Sénégal incite à la retenue. Mais oui, les hommes d’Aliou Cissé se présentent bien en favoris, même s’ils clament l’inverse. « Si vous leur demandez “allez-vous gagner ou allez-vous perdre ?”, tous diront qu’ils ne perdront pas », assure Joseph-Antoine Bell.

Et en effet, Sadio Mané a bien confirmé que, humilité et désir d’évacuer la pression mis de côté, lui et ses coéquipiers sont bien là pour « aller au bout ». « C’est l’objectif, on ne va pas se voiler la face », a-t-il dit en souriant, avant de conclure, plus sérieux : « Nous sommes là pour gagner la coupe, rien d’autre. Même aller en finale et ne pas gagner… Nous serions tellement déçus. » Avant-dernière étape : le Burkina Faso, mercredi 2 février, toujours au stade Ahmadou-Ahidjo de Yaoundé.

* Au 23 décembre 2021, date de la dernière mise à jour du classement Fifa, le Sénégal est 20e, l’Égypte 45e, le Cameroun 50e et le Burkina Faso 60e.

RFI