Au Sénégal, le président de l’Assemblée nationale et du parti qui y est majoritaire (Pastef) a jugé que le projet de loi de finances rectificative porté par le gouvernement d’Ahmadou Al Aminou Lô n’est « pas acceptable » en l’état. « Pour le moment, nous ne rejetons rien, nous ne validons rien. Mais si c’est maintenu tel quel, nous rejetons », a prévenu Ousmane Sonko, dénonçant notamment la baisse des subventions aux produits pétroliers prévue dans le projet
Les Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef) ne voteront pas la loi de finances rectificative telle qu’elle est présentée. Ousmane Sonko, qui préside à la fois le Pastef et l’Assemblée nationale, l’a annoncé ce 19 octobre à l’issue d’un conclave des cadres. Avec 130 sièges de députés sur 165, le Pastef détient la majorité absolue à l’Assemblée nationale.
Déposé le 18 septembre, le texte prévoit un déficit de 7,6 % du PIB, sur fond de dette cachée et de négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) pour un nouveau programme.
Ousmane Sonko dénonce la baisse des subventions aux produits pétroliers. « Ce qu’on nous demande de valider dans ce projet de loi de finances rectificative, c’est la suppression progressive, la baisse progressive, des subventions », a-t-il affirmé au cours d’un point presse.
« Nous sommes ouverts à un débat franc avec le gouvernement »
« Sur 2026, la loi de finances rectificative promet de faire une baisse de 30 %, de bloquer la subvention à 552 milliards de francs CFA [8,4 milliards d’euros, NDLR] alors que, normalement, elle devait être de 790 milliards [12 milliards d’euros, NDLR]. L’impact sur le prix du diesel, c’est que le prix va passer de 755 francs [1,15 euro] à la pompe à quasiment 867 francs [1,32 euro]. Nous, nous avons dit qu’on ne peut pas accepter cela. »
Et d’ajouter : « Les Sénégalais souffrent actuellement suffisamment pour qu’on ne leur ajoute encore des problèmes, et ça pour dégager des marges, pour aller payer une dette cachée. Ce n’est pas acceptable. Pour le moment, nous ne rejetons rien, nous ne validons rien. Mais si c’est maintenu tel quel, nous rejetons. Nous sommes ouverts à un débat franc et sincère avec le gouvernement. »
Le Sénégal est confronté à une dette qui atteignait 132% de son produit intérieur brut (PIB) fin 2024, dont une partie a été cachée.
Dakar a conclu le 1er septembre un accord de financement avec le Fonds monétaire international (FMI) en vue de la mise en place d’un programme d’aide de 2,2 milliards de dollars (1,96 milliard d’euros) sur 36 mois pour assainir les finances publiques du pays.