Réunis à Washington le mercredi 4 février 2026, autour de la question des minerais critiques et des terres rares, les États-Unis et une cinquantaine de pays partenaires ont posé les jalons d’une nouvelle reconfiguration du marché mondial des ressources stratégiques. Pour la République démocratique du Congo, ce sommet marque une avancée majeure avec la signature d’un protocole d’accord axé sur le cuivre, au cœur de la stratégie américaine de réduction de sa dépendance vis-à-vis de la Chine.
L’initiative, portée par l’administration américaine, vise à sécuriser les chaînes d’approvisionnement en ressources stratégiques et à contrebalancer le quasi-monopole exercé par la Chine dans ce secteur clé. A dit dans son journal la Radio France Internationale.
À l’issue des travaux, un protocole d’accord a été signé entre les États-Unis et la République démocratique du Congo (RDC), confirmant le rôle central du pays dans la nouvelle géopolitique des minerais. Concrètement, la compagnie minière congolaise Gécamines s’engage à fournir 50 000 tonnes de cathodes de cuivre, première étape de transformation du minerai, sous forme de plaques épaisses. Cette opération sera menée dans le cadre du partenariat entre Gécamines et la société de négoce Mercuria.
L’accord a été paraphé par les autorités congolaises, l’Agence américaine de financement du développement (DFC) ainsi que la Banque américaine d’import-export. Il s’inscrit dans le prolongement des discussions entamées dès le début du mois de décembre entre Kinshasa et Washington, au cours desquelles la RDC avait présenté une liste d’actifs miniers susceptibles d’attirer des investissements américains.
Parmi les opérations en cours de négociation figurent notamment des prises de participation dans les mines de Mutanda et de Kolwezi, deux sites stratégiques pour la production de cuivre et de cobalt. À ce sujet, le groupe Glencore a déjà annoncé la signature d’un protocole d’accord portant sur la cession de 40 % de ces actifs au profit d’Orion Critical Mineral Consortium.
Créée en 2025, cette entité spécialisée dans les investissements liés aux minerais stratégiques constitue un pilier de la stratégie américaine. Dotée initialement de 600 millions de dollars, elle a réussi à mobiliser 1,2 milliard de dollars supplémentaires, selon les précisions du département d’État américain lors du sommet, rapportées par RFI.
Si cette diversification des partenariats est globalement saluée par les observateurs, certaines voix de la société civile congolaise appellent toutefois à la prudence. Des experts du secteur des ressources naturelles estiment que la RDC doit encore clarifier sa vision à court et à long terme afin de tirer un bénéfice durable de ces accords et de mieux encadrer l’afflux d’investissements étrangers.
A. ABALLO