Pas de gagnant clair, mais deux volontaires pour diriger Israël. Le Premier ministre Benyamin Netanyahu et son rival Gadi Eisenkot, au coude-à-coude aux élections législatives mais loin de la majorité, se sont tous deux dits prêts à former un gouvernement, augurant d’intenses tractations. Selon le journal israélien Haaretz, le bloc de Benyamin Netanyahu est en tête devant Gadi Eisenkot après le dépouillement de 85 % des bulletins. Les partis arabes tirent leur épingle du jeu et l’un de leurs leaders appelle à un « partenariat judéo-arabe » pour évincer Benyamin Netanyahu.
Ce qu’il faut retenir :
Le bloc de Benyamin Netanyahu, le Premier ministre sortant, est pour l’heure donné en tête face à son rival de centre droit Gadi Einsenkot, selon le journal israélien Haaretz après dépouillement de 85,6 % des bulletins de vote. Les Israéliens ont massivement pris part à ce scrutin, le premier depuis le 7 octobre 2023, avec un taux de participation de 77,7 %, le plus haut depuis 1999.
Benyamin Netanyahu et Gadi Eisenkot se sont dits prêts à former un gouvernement. Il leur reste à réunir les 61 sièges nécessaires. En cas de non-majorité, un gouvernement minoritaire pourrait être mis en place. Le scénario d’un retour aux urnes reste également possible. Le Premier ministre sortant ayant rejeté tout compromis avec les partis arabes.
Youssef Jabareen, dirigeant de la liste arabe unifiée qui réunit trois partis majoritairement arabes, a appelé à un partenariat « judéo-arabe » pour en finir avec Benyamin Netanyahu. Son appel intervient après celui du chef de la gauche israélienne, Yaïr Golan, à s’allier avec les partis arabes pour former un gouvernement et évincer le Premier ministre du pouvoir. Des partis qui ont enregistré une progression record avec près de 20 sièges.
Le dirigeant de la Liste unifiée se dit prêt à soutenir un gouvernement d’opposition mais sans y entrer
L’un des principaux opposants arabes israéliens a déclaré mercredi à l’AFP être prêt à soutenir un gouvernement d’opposition pour évincer le Premier ministre sortant Benyamin Netanyahu, mais sans y participer. «Nous ne voyons pas comment nous pourrions participer à une coalition dans les circonstances actuelles», a déclaré Youssef Jabareen, dirigeant de la Liste unifiée (extrême gauche et nationalistes), citant notamment la guerre à Gaza et la situation en Cisjordanie occupée, où la colonisation explose et les violences des colons sont quasi quotidiennes. «Mais pour faire tomber» la coalition sortante, «nous pourrions soutenir un gouvernement alternatif, sans y entrer», a-t-il dit à l’issue de législatives serrées qui n’ont dégagé aucune majorité.
Le parti de Netanyahu accuse les formations arabes d’avoir «volé les élections»
Le parti du Premier ministre sortant, Benyamin Netanyahu, a accusé mercredi les partis à majorité arabe, en passe de remporter un record de 17 sièges au Parlement, d’avoir «volé les élections», au lendemain d’un scrutin législatif particulièrement serré. Les élections «ont été volées par des partis arabes qui soutiennent le terrorisme et l’anéantissement de l’État juif», a affirmé le Likoud, assurant avoir des preuves de cas de «corruption, menaces, violence, falsifications et utilisation de logiciels interdits pour inciter les électeurs à voter».
Les votes dépouillés à 85% donnent toujours Netanyahu en tête et confirment la percée des partis arabes
Alors que l’on attend l’examen du vote des militaires israéliens et que les résultats des élections législatives ne seront pas connus avant demain jeudi 29 octobre., les chiffres confirment pour l’instant la percée historique des partis arabes avec 19 sièges. Le bloc du Premier ministre Benyamin Netanyahu totalise, lui, 53 sièges, contre 48 à son opposant Gadi Eisenkot. Des chiffres issus des dernirèes projections rapportées par le journal israélien Haaretz.
Avec RFI