Trente ans après sa création, le Conseil économique et social (CES) du Bénin se dote enfin d’une feuille de route. Ce jeudi 20 août 2026, à l’hôtel Novotel de Cotonou, l’institution a officiellement ouvert les travaux devant conduire à l’adoption de son Plan stratégique 2027-2031. Une première dans l’histoire du CES, qui s’inscrit dans la dynamique des réformes de sa loi organique et vise à renforcer son rôle dans le dialogue économique et social.
Le Conseil Economique et Social (CES) se dote désormais de son plan stratégique 2027-2031. Après 30 ans d’existence, l’institution que dirige le président Abdoulaye Bio Tchané a une feuille de route désormais. Lors du lancement de ce plan stratégique 2027-2031, Célestin GUIDIMEY rapporteur du comité d’orientation a qualifié cette initiative de « moment charnière » pour le CES. Les révisions de la loi organique intervenues en 2024 et 2026 ont. en effet. redessiné l’architecture de l’institution et élargi ses prérogatives, notamment en matière de proximité avec les territoires. Dans ce contexte, a-t-il expliqué, il devenait indispensable de se doter d’un cadre de pilotage clair.
Le futur plan devra décliner en actions concrètes la vision portée par le président Abdoulaye BIO TCHANE, articulée autour de quatre axes : accroître la pertinence des avis du CES, renforcer le lien avec les citoyens, stimuler la concertation entre acteurs institutionnels et accroître la visibilité internationale du Conseil. La méthodologie retenue repose sur un diagnostic préalable, la fixation de priorités, la programmation d’actions opérationnelles et la mise en place d’un dispositif de suivi-évaluation.
Les attentes du gouvernement sur la pauvreté, les territoires et le numérique
Représentant l’Exécutif, le ministre de l‘Economie et des Finances. Aristide MEDENOU. a salué une démarche « indispensable à la cohérence de l’action publique ». « En tant que ministre en charge de la Planification, je ne peux que me réjouir de voir le CES se doter d’une boussole stratégique », a-t-il affirmé. Il a ensuite exprimé l’attente du Gouvernement de voir le futur plan intégrer la lutte contre l’extrême pauvreté avec un accent sur l’agriculture et la protection sociale des producteurs, la territorialisation des politiques publiques à travers le développement des pôles industriels et la valorisation des potentialités locales, ainsi que l’accélération de la transition digitale et le renforcement de l’expertise en intelligence artificielle au sein des administrations.
« Planifier, c’est éviter l’échec ».
En lançant les travaux, le président du CES a inscrit la démarche dans une exigence de rigueur. Citant Benjamin Franklin, il a martelé : « Faute de planification, on programme son propre échec ». Revenant sur le parcours de l’institution créée il y a plus de trois décennies, il a rappelé les débats de 2016 sur une éventuelle suppression du CES. Ces discussions ont finalement débouché sur un choix de refondation pour en faire un outil utile à la Nation, au Gouvernement et au Parlement. « C’est ce choix de transformation qui nous réunit aujourd’hui », a-t-il souligné.
Pour le président du CES, la nouvelle architecture de l’institution, qui comprend désormais un Conseil national et douze conseils départementaux, doit permettre de mieux capter les réalités du terrain et de porter la voix des différentes composantes de la société. « L’enjeu n’est pas seulement interne au CES. Il est national », a insisté Abdoulaye BIO TCHANE. Il plaide pour un Conseil « proactif et moderne », capable de faciliter un dialogue économique et social apaisé et efficace sur tout le territoire. Un plan arrimé aux priorités nationales. Le président du CES a également annoncé l’association étroite du ministère de l’Économie et des Finances à l’élaboration du document.
L’objectif est de garantir la conformité du plan aux normes nationales de planification. Le futur Plan 2027-2031 ne sera pas conçu en déconnexion des grandes orientations de l’État. Il devra s’aligner sur la vision nationale de développement, sur les instruments de programmation en vigueur et sur les priorités gouvernementales, dont l’éradication de la pauvreté et le développement local. « Nous attendons des équipes en charge de ce travail une exigence de qualité et de cohérence », a conclu Abdoulaye BIO TCHANE. L’ambition est claire : transformer cette volonté politique en une feuille de route opérationnelle pour les cinq prochaines années, afin de rendre le CES plus pertinent et plus utile à la République.
Boniface KABLA