Au Benin, Romuald Wadagni, ministre d’Etat en charge de l’Économie et des Finances, est officiellement candidat à l’élection présidentielle de 2026. La question de la compatibilité entre ses charges gouvernementales et la préparation de sa campagne continue d’alimenter le débat public. Interpellé par la presse, le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbedji, a tenu à clarifier la position de l’Exécutif.
Face aux hommes des médias, Wilfried Léandre Houngbedji a estimé qu’il est tout à fait possible pour Romuald Wadagni d’assumer simultanément ses responsabilités ministérielles et la préparation de sa campagne présidentielle. « Il est bon de constater que le ministre assure pleinement ses fonctions tout en préparant sa campagne », a-t-il affirmé, balayant ainsi les interrogations persistantes autour d’un éventuel conflit de priorités.
Pour le porte-parole du gouvernement, cette capacité à mener plusieurs missions de front est même une qualité essentielle pour diriger le Bénin. À l’allure à laquelle évolue le pays, soutient-il, le futur président de la République doit être un véritable « chef d’orchestre », capable de coordonner et de combiner plusieurs tâches à la fois pour garantir l’efficacité de l’action publique.
Cette sortie intervient dans un contexte où la question revient avec insistance, aussi bien sur les réseaux sociaux que dans les débats politiques.
Du côté de l’opposition, notamment au sein du parti Les Démocrates, des voix s’élèvent pour exiger la démission de Romuald Wadagni de ses fonctions ministérielles, surtout après le dépôt et la validation de son dossier de candidature par la Commission électorale nationale autonome (CENA).
Entre exigences d’éthique politique et arguments de continuité de l’action gouvernementale, le débat reste ouvert. Une chose est sûre : la double casquette de Romuald Wadagni continue de cristalliser les attentions, annonçant une présidentielle 2026 déjà riche en enjeux politiques majeurs.
Le porte-parole du gouvernement rappelle
Face à la presse vendredi 23 janvier 2026, le porte-parole du gouvernement a tenu à clarifier la situation du ministre d’État, candidat à la présidentielle 2026. Selon Wilfried Léandre Houngbédji, aucune disposition légale n’oblige un membre du gouvernement à démissionner pour être candidat à l’élection présidentielle. « Avons-nous dans nos textes une prescription légale qui exige la démission d’un ministre candidat à la présidentielle ? », a-t-il demandé. La réponse est négative.
Le porte-parole du gouvernement a rappelé le droit béninois qui établit une distinction nette entre les fonctions ministérielles et certaines fonctions administratives: celles de préfet, pour lesquelles un retrait préalable est exigé en cas de candidature à un scrutin majeur. Cette situation est d’autant plus valable, selon lui, que le gouvernement Talon se trouve en fin de mandat constitutionnel, conformément à l’article 42 de la Constitution.
Au-delà des considérations juridiques, le porte-parole du gouvernement a mis l’accent sur la dimension éthique et la responsabilité politique. « L’essentiel est de veiller à ce que celui qui occupe une fonction décisionnelle n’utilise pas les moyens de l’État », a-t-il souligné.
Sur la compatibilité entre les fonctions gouvernementales de Romuald Wadagni et sa candidature, le porte-parole s’est montré sans ambiguïté : « Même s’il reste au gouvernement jusqu’au jour du scrutin, il ne peut pas utiliser les moyens de l’État pour sa campagne. Nous sommes au Bénin, en 2026, cela ne peut pas se faire. »
Wilfried Léandre Houngbédji a précisé que le candidat de la majorité présidentielle continue d’exercer pleinement ses responsabilités gouvernementales. Il a notamment joué un rôle central dans une récente opération financière internationale majeure : l’émission d’un sukuk souverain d’un montant de 500 millions de dollars américains. « Le ministre d’État est en mission depuis une dizaine de jours pour coordonner cette opération, échanger avec les investisseurs et les partenaires », a-t-il expliqué.
E.A.T. & Aser ABALLO
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