Pétrole :  Le Bénin exporte sa première cargaison vers les Pays-Bas

Economie & Tech

Trente ans après l’arrêt de ses exportations, le Bénin s’apprête à tourner une page historique. Ce week-end des 1er et 2 novembre marque le chargement d’une cargaison record de 330 000 barils de brut à destination des raffineries Shell aux Pays-Bas.

C’est un véritable tournant stratégique pour l’économie béninoise. Initialement évaluée à 250 000 barils, la toute première cargaison de pétrole brut béninois a finalement été revue à la hausse pour atteindre 330 000 barils, selon La Nation.

Cap sur les Pays-Bas pour le pétrole béninois

Le chargement s’effectue ces 1er et 2 novembre dans les eaux territoriales du pays. Le précieux hydrocarbure est transféré depuis les installations offshore vers le Kriti Jade, un tanker de l’armateur grec Avin International. Destination finale : les Pays-Bas et le géant Shell Trading.

La major anglo-néerlandaise, qui a remporté l’appel d’offres international, s’est ainsi assuré l’exclusivité de l’enlèvement du brut béninois pour les trois prochaines années. Derrière cette opération se trouve Akrake Petroleum Benin, filiale du groupe singapourien Rex International Holding et opérateur du champ.

Vers un accord d’exploitation définitif

Jusqu’à présent sous le coup d’une autorisation spéciale validée en Conseil des ministres, Akrake Petroleum va devoir entamer des négociations cruciales avec l’État béninois pour sceller un contrat d’exploitation pérenne.

Au cœur des discussions : la structure des coûts des infrastructures offshore majeures, telles que l’unité de production mobile Mopu Stella Energy et l’unité flottante de stockage FSO Kristina. L’issue de ces pourparlers scellera la viabilité à long terme de ce projet.

Des retombées économiques majeures pour Cotonou

Le gouvernement se réjouit d’avoir sécurisé la part maximale de revenus autorisée par la réglementation. Le Bénin s’apprête ainsi à engranger ses tout premiers bénéfices directs sous forme de redevances et de partage de production (profit oil).

Cette reprise de l’activité pétrolière (adossée à une production actuelle modeste d’environ 3 000 barils par jour) offre de multiples bouffées d’oxygène au pays : renforcement monétaire : Les ventes en dollars américains vont consolider les réserves de change; diversification économique : Une alternative bienvenue pour s’affranchir d’une dépendance historique envers la filière cotonnière et enfin dynamisme local et emploi : De belles perspectives s’ouvrent pour les ingénieurs béninois et les PME locales (logistique, transport, maintenance maritime).

En combinant cette production nationale à son rôle stratégique de carrefour pour le pétrole nigérien (via le pipeline d’exportation), la plateforme de Sèmè-Kpodji s’impose plus que jamais comme un pôle logistique et énergétique incontournable dans le golfe de Guinée.

E.A.T.

A lire aussi:

Pourquoi Talon ne défendra pas le budget du Sénat devant l’Assemblée nationale

Une mère de trois enfants retrouvée morte à Lalo