Vendredi de l'académie de la commission climat et environnement de l'ANSALB : La question des polluants environnementaux en lien avec la santé humaine au cœur des échanges

Economie & Tech

(Le professeur Michel Boko invite toutes les couches à une prise de conscience au sujet des problèmes liés à l’environnement)

La journée institutionnellement programmée “vendredi de l’académie” du 4 novembre 2022 a été portée par la commission climat et environnement de l’Académie nationale des sciences arts et lettres du Bénin (ANSALB). L’amphithéâtre Idriss Deby Itno de l’université d’Abomey-Calavi a abrité l’activité. Des réflexions ont été menées par les acteurs sur les questions liées à la pollution environnementale par l’utilisation des intrants agricoles.

«La protection de l’environnement est l’un des grands défis de développement de l’humanité et des générations futures. Pour qu’un pays atteigne le niveau souhaité de croissance économique et de développement durable, il doit en disposer des ressources  naturelles ».Vendredi de l’académie est une rituelle des sociétés savantes ayant pour but de consacrer dans un intervalle de deux ou trois mois  un jour dédié à la science.

Une occasion pour les différentes commissions permanentes de présenter le point de leurs travaux sur différents domaines relevant de leur spécialité. « Polluants environnementaux en liens avec la santé humaine au Bénin », c’est autour de cette thématique que se sont déroulés les différentes présentations. Un thème qui selon la commission est pertinente  dans la mesure où le monde est confronté à des problèmes sanitaires. « L’agriculture africaine reste et demeure la base de notre développement ; elle garantit la sécurité alimentaire», déclare le Recteur de l’Université d’Abomey-Calavi, Félicien Avlessi .

Au Bénin, l’intensification des systèmes de culture particulièrement le développement des systèmes de production cotonnière est à l’origine de l’utilisation poussée d’engrais et de pesticides. Ces dernières années, selon  le Recteur  Félicien Avlessi, en ce qui concerne la production du coton, le Bénin a battu le record comme premier producteur de l’or blanc en Afrique. Une telle performance rythme avec l’utilisation en amont de nombreux produits chimiques. «La pollution par les pesticides se fait de en plus  par les insecticides, les raticides , les fongicides et herbicides», ajoute l’autorité rectorale. L’utilisation de ses produits constitue un sujet de préoccupation environnementale. Ces produits sont cancérigènes, perturbateurs digestifs, respiratoires, endocriniennes, des malformations génitales etc.

Selon le professeur Michel Boko, président de la commission permanente climat et environnement et secrétaire perpétuel de l’Ansalb, les progrès agricoles ont largement contribué à l’augmentation des rendements et à la régularité de la production facile d’accès et d’emploi relativement moins coûteux que les produits phytosanitaires. L’agriculture béninoise a développé des systèmes de production fondée sur l’utilisation des fertilisants et des produits phytosanitaires. Aujourd’hui, l’utilisation systématique de ces différents produits est remise en question avec la prise de conscience croissante des risques que peuvent générer ces produits sur l’environnement et sur la santé de l’être humain. Des études réalisées au Bénin ont démontré que la pollution des eaux souterraines, des lacs, des sols prend de l’ampleur. « La production du coton dans le septentrion est aussi un des facteurs de l’augmentation de la pollution »,a-t-il souligné. Un tel constat implique de mettre en place un système de surveillance et d’encadrement national des pratiques des produits phytosanitaires. La contribution croissante des agricultures et la production peut être attribuée à plusieurs facteurs fondamentaux à savoir la croissance démographique, l’évolution de la demande de nourriture et de carburant et le changement climatique. Entre autres, ce sont des facteurs qui ont entraîné le changement climatique en matière d’intensification, de l’exploitation des terres agricoles.

L’objectif des études menées dans ce cadre est de fournir les moyens afin de gérer conjointement à l’échelle du paysage les questions agricoles, la gestion des ressources et l’amélioration des espaces.  Sur ce, il est donc nécessaire de prendre en compte le fonctionnement global des agro-systèmes, les recherches doivent permettre de réduire les pollutions bactériologiques. Le professeur Michel Boko invite toutes les couches à une prise de conscience au sujet des problèmes liés à l’environnement. «La vision pour une Afrique sans pollution pour le bien être des populations particulièrement au Bénin doit nous  interpeller tous. L’action urgente est notre responsabilité ; nous ne devons plus attendre pour lutter contre la pollution afin de protéger la santé humaine » a-t-il indiqué.

Redynamiser les actions de lutte contre la pollution

L’agriculture est la base de l’économie béninoise. Au total quatre communications ont été présentées par des enseignants avertis qui font de ce domaine leur principale activité. « État des lieux ; la question de l’impact des intrants agricoles au cœur de la problématique »,  a été l’ objet de communication du professeur Aboubacar Kissira. À ce niveau, le communicateur a ramené le thème dans un contexte précis dans le Nord du Bénin mettant en scène quelques expositions d’intrants agricoles et chimiques. Un accent particulier a été mis sur les intrants chimiques agricoles.

La deuxième communication  présentée par le professeur Armelle Sabine Hounkpatin. Est intitulée « pollution des matrices sols et eaux par les intrants agricoles au Bénin ». La pollution environnementale par les fertilisants en agriculture a été abordée. Dan sa présentation, elle notifie que « les fertilisants sont l’ensemble des amendements apportés aux terres pour assurer aux plantes des compléments d’éléments nutritifs nécessaires à leur croissance de manière à améliorer et augmenter le rendement et la quantité des cultures » . Ces fertilisants, engrais chimiques et organiques ont des répercussions négatifs sur le sol à savoir la dépendance du sol, la pollution des eaux, l’eutrophisation des eaux douces et marines à travers le lessivage des intrants solubles.

« Engrais biologiques, fuite en avant ou réelle solution à la pollution d’origine agricole », est l’intitulé de la troisième communication présentée par Adam Ahantchédé, professeur à la faculté des sciences agronomiques de l’UAC. La réponse apportée à la question de sa thématique reste positive. « C’est oui, les intrants biologiques sont une solution réelle à la pollution». La dernière communication porte sur les aspects économiques de la pollution. Elle a été présentée par le professeur  Albert Honlonkou.

Mireine A.YAHOUNGO