Chronique de madame Christhelle Houndonougbo Alioza : La crédibilité , cette fidélité à soi qui fonde la valeur d’une vie !

Chronique

La crédibilité , cette fidélité à soi qui fonde la valeur d’une vie !

Chers ami.e.s,

Il est des qualités qui embellissent une réputation, et d’autres qui fondent une existence. La crédibilité appartient à cette seconde catégorie. Elle ne relève ni de l’apparence ni de l’habileté oratoire. Elle est une fidélité à soi-même, une cohérence exigeante entre ce que l’on pense, ce que l’on dit et ce que l’on fait. Lorsqu’elle est présente, elle élève silencieusement une vie ; lorsqu’elle s’effrite, elle fragilise tout ce qui semblait solide.

La crédibilité commence par un alignement intérieur. Depuis l’Antiquité, Aristote enseignait que la persuasion repose sur l’ethos, c’est-à-dire la qualité morale reconnue à celui qui parle. Autrement dit, la parole n’a de force que si elle s’appuie sur une intégrité perçue. On peut convaincre par le raisonnement, séduire par le style, impressionner par la posture ; mais on n’inspire durablement que par la cohérence.

Cette cohérence se construit à travers plusieurs facteurs essentiels. D’abord, la constance : être le même dans l’ombre et dans la lumière, maintenir ses principes lorsque les circonstances changent. Emmanuel Kant rappelait que la dignité humaine réside dans la fidélité au devoir moral. La crédibilité suppose cette permanence intérieure qui ne varie pas au gré des intérêts.

Ensuite, la responsabilité. Max Weber distinguait l’éthique de conviction de l’éthique de responsabilité : il ne suffit pas d’avoir de bonnes intentions, il faut répondre des conséquences de ses actes. Dans la vie professionnelle, un dirigeant qui assume publiquement une erreur renforce davantage sa crédibilité que celui qui cherche à la dissimuler. Dans la famille, un parent qui reconnaît un tort transmet une leçon de maturité plus forte que n’importe quel discours.

La crédibilité repose aussi sur la transparence et la parole tenue. Dans une entreprise, un responsable qui promet une évolution de carrière et respecte son engagement crée un climat de confiance durable. À l’inverse, des promesses répétées sans résultats installent le scepticisme. Stephen Covey affirmait que la confiance est la colle de la vie sociale ; la crédibilité en est la condition préalable.

L’histoire offre des exemples inspirants de fidélité à soi. Nelson Mandela, après vingt-sept années d’emprisonnement, choisit la réconciliation plutôt que la revanche. Ce choix ne fut pas opportuniste ; il fut cohérent avec sa vision profonde de la dignité humaine. Cette cohérence lui conféra une autorité morale universelle. De même, Angela Merkel incarna, dans les périodes de turbulence européenne, une constance méthodique qui inspira stabilité et confiance. Dans ces trajectoires, la crédibilité n’était pas une stratégie ; elle était une fidélité. Cependant, la crédibilité connaît ses limites et ses exigences. Elle ne signifie pas infaillibilité. Se tromper n’est pas perdre sa crédibilité ; refuser de reconnaître son erreur, oui. L’humilité protège la crédibilité ; l’orgueil la détruit.

Elle ne signifie pas complaisance. John C. Maxwell rappelle que le leadership est influence, mais l’influence durable exige parfois des décisions impopulaires. Vouloir plaire à tout le monde affaiblit la cohérence. La crédibilité suppose le courage de déplaire lorsque la vérité l’impose. Elle ne signifie pas non plus confiance aveugle. Hannah Arendt soulignait l’importance des faits dans l’espace public. La crédibilité doit être éprouvée par la réalité ; une confiance mature reste vigilante.

Les enjeux sont considérables. Dans un monde où l’information circule plus vite que la réflexion et où les engagements se multiplient sans toujours se concrétiser, la crédibilité devient une ressource rare et précieuse. Elle réduit les résistances, renforce l’influence et consolide les relations. Elle donne du poids à la parole et de la profondeur à l’action. Au fond, la crédibilité est une discipline quotidienne. Elle exige de tenir parole, d’assumer ses choix, de reconnaître ses limites et de rester fidèle à ses valeurs même lorsque personne n’observe. Elle est cette fidélité à soi qui fonde la valeur d’une vie. Car en définitive, ce ne sont ni les titres ni les déclarations qui consacrent un être, mais la cohérence répétée entre ses convictions et ses actes. C’est cette cohérence qui engendre le respect, nourrit la confiance et donne à une vie sa véritable portée. Excellente et fructueuse semaine à vous.

CHA, Femme Noire Femme de Pouvoir !