Création de la CPD par Talon :  Jean-Baptiste Elias évoque des conflits d’attribution avec le Haut-commissariat

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( Le Haut-commissariat a été créé, il y a bientôt deux ans. Mais, « on ne l’a jamais installé depuis ». Et s’il est installé, le Bénin aura donc plusieurs organes de lutte contre la corruption. Il y aura le Haut-Commissariat, la Cour des comptes, la Brigade économique et financière et la CRIET que tout le monde peut saisir”, fait-il remarquer)

Après la radio nationale, c’est sur  l’émission « Grand Angle » du dimanche 30 janvier 2022 sur Crystal-news, que Jean-Baptiste Elias a, à nouveau, évoqué  les conflits d’attributions entre la Cellule d’analyse et de traitement des plaintes et de dénonciations (CPD) créée par Talon à la présidence avec le Haut-Commissariat à la prévention de la corruption en République.

La Cellule d’analyse et de traitement des plaintes et de dénonciations (CPD) créée en conseil des ministres du 19 janvier 2022 est un nouvel instrument rattaché à la présidence du Bénin qui va contribuer à la lutte contre la corruption. « A priori on peut se dire que c’est une très bonne chose », pense Jean-Baptiste Elias, président du Front national de lutte contre la corruption (FONAC).  Toutefois, il émet une crainte. « Il est à craindre des problèmes qui vont survenir », avertit-il, parlant notamment de conflits d’attributions.

Le président du Fonac justifie sa crainte en évoquant la loi portant création, mission, organisation et fonctionnement du Haut-Commissariat à la prévention de la corruption en République. Selon les dispositions de cette loi en son article 2, entre autres tirets, le Haut-commissariat a pour attribution « de collecter, d’analyser et de mettre à mettre à disposition des autorités judiciaires chargées des poursuites, les informations, y compris celles portées à sa connaissance aux fins de détection et de répression des faits de corruption, de fraude et de pratiques assimilées ». Cette attribution du Haut-Commissariat semble être la même qu’on donne à la CPP, souligne Jean-Baptiste Elias.

L’ancien président de l’Autorité nationale de lutte contre la corruption ajoute que la CPD relève du Secrétaire général du gouvernement et du Coordonnateur du Bureau d’analyse et d’investigation. Ces deux personnalités sont à la présidence et chapeauté par le président de la République. Aussi, le Haut-commissaire est nommé par le président de la République.

Jean – Baptiste fait remarquer que le Haut-commissariat a été créé, il y a bientôt deux ans. Mais, « on ne l’a jamais installé depuis ». Et s’il est installé, le Bénin aura donc plusieurs organes de lutte contre la corruption. Il y aura le Haut-Commissariat, la Cour des comptes déjà installée (tous les juges, magistrats et ceux qui vont y travailler ne sont pas encore en place), la Brigade économique et financière et la CRIET que tout le monde peut saisir.

«Que l’on y ajoute la CPD, c’est une très bonne chose », apprécie Jean-Baptiste Elias. « Seulement, il ne faut pas que les attributions puissent créer des conflits d’attributions », indique-t-il.

S.E.