Pour le ministre porte-parole, Wilfried Houngbédji, Romuald Wadagni et Patrice Talon partagent la même ambition de développement pour le Bénin, mais restent deux hommes différents. En réponse à ceux qui présentent le nouveau président comme une simple copie de son prédécesseur, l’actuel ministre porte-parole du gouvernement fait savoir que Wadagni poursuivra les réformes engagées depuis 2016 tout en apportant sa propre manière de gouverner.
A quelques semaines de l’élection présidentielle du 12 avril dernier, Wilfried Houngbédji avait livré une défense remarquée de Romuald Wadagni sur un plateau de télévision. Interpellé sur la capacité du candidat de la mouvance à se démarquer de Patrice Talon, le porte-parole du gouvernement avait répondu avec un large sourire : « Déjà, il s’appelle Romuald Wadagni et non Patrice Talon. Ce sont deux personnes différentes. »
Une réplique qui se voulait plus profonde qu’une simple formule. Pour lui, le fait que Romuald Wadagni soit considéré comme le successeur naturel de Patrice Talon ne signifie nullement qu’il en serait la copie conforme. Poursuivant son argumentation, Wilfried Houngbédji a comparé la situation aux liens familiaux : « Je suis sûr que vous n’êtes pas la copie identique de votre papa ou de votre maman. », a-t-il demandé aux animateurs de l’émission.
La continuité plutôt que la rupture
A travers cette comparaison, le porte-parole du gouvernement cherchait à faire comprendre qu’un héritage politique peut exister sans pour autant effacer l’identité propre du successeur. Le président Romuald Wadagni, alors acteur majeur des réformes économiques conduites depuis 2016 en qualité de ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances, partage certes la vision de développement portée par Patrice Talon, mais demeure un dirigeant avec son propre style, ses priorités et son approche du pouvoir.
Cette distinction est d’autant plus importante que certains observateurs voyaient dans sa candidature une simple reconduction du système Talon. Pour Wilfried Léandre Houngbédji, la véritable question n’est pas de savoir si Wadagni poursuivra les actions engagées depuis dix ans, mais comment il les fera évoluer.
Le Plan national de gouvernance dans la logique des acquis
Les orientations contenues dans le Plan national de gouvernance défendu par Romuald Wadagni illustrent cette volonté de continuité assumée. Les grands chantiers engagés au cours de la dernière décennie y occupent une place centrale : modernisation des infrastructures, industrialisation du pays, transformation locale des matières premières, digitalisation de l’administration, amélioration du climat des affaires et renforcement de l’emploi des jeunes.
Pour les soutiens du nouveau président, poursuivre ces réformes ne constitue pas une reproduction mécanique de la gouvernance Talon. Il s’agit plutôt d’assurer la consolidation des acquis et d’éviter qu’une alternance politique ne remette en cause les investissements et les transformations déjà engagés.
Préserver les acquis tout en imprimant sa marque
A travers la sortie médiatique de Wilfried Houngbédji, la mouvance présidentielle installe donc dans l’opinion, l’image d’un Romuald Wadagni à la fois héritier et innovateur. Héritier parce qu’il s’inscrit dans la continuité des réformes ayant profondément transformé le Bénin depuis 2016. Innovateur parce qu’il est appelé à gouverner avec sa propre personnalité et sa propre vision des priorités nationales.
Aser ABALLO
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