Bénin : Guy Dossou MITOKPE dit « non à l’initiative du gouvernement de réduire les naissances »

Politique

Ma réflexion sur l’initiative du gouvernement de réduire les naissances en République du Bénin

Le relevé du Conseil des Ministres du mercredi 03 mai 2023 a annoncé les dispositions pratiques prises par le Gouvernement béninois afin d’organiser une table ronde autour de la mise en œuvre des actes à prendre afin de réduire les naissances ou du moins de contrôler la fécondité des Béninois et Béninoises les mois voire les années à venir.

Dès l’annonce de l’information, un frisson traversa tout mon être. Je me suis posé la question de savoir, jusqu’où ce Gouvernement voudrait marquer cette génération, les générations à venir et le monde qui nous entoure ?

Diantre, que cache un tel projet ?

N’avons-nous pas suffisamment de difficultés pour en créer davantage ?

L’on me répondra, qu’en effet c’est même parce que nous avons suffisamment de difficultés que nous devons prendre de pareilles mesures afin d’aller vers les solutions concrètes et pérennes.

Je suis Géographe de formation, donc les notions de populations, de démographie, de densité, de ville, de commune, de pays, de nation, et bien d’autres expressions et leurs liens avec le développement durable, ne sont pas des notions qui me sont trop étrangères.

Et donc, pour parler peu et utile, je dirai que j’aborde un sujet pour lequel, j’ai été plus ou moins bien formé.

Avant toute chose, quelle est la problématique posée par le régime dit de la Rupture ?

Quel est le problème auquel ils souhaiteraient trouver des solutions, en mettant sur la table le sujet de la réduction des naissances ?

Au cours de la campagne électorale pour le compte des élections législatives de janvier 2023, j’avais longuement entretenu les populations sur les méfaits de loi sur l’avortement.

L’avortement est un crime et j’assume la responsabilité de mes propos…

Alors, les prochaines dispositions du régime dit de la rupture sur la limitation des naissances, ne sont rien d’autres que le renforcement des dispositions de la loi sur l’avortement.

Nous avons certes des difficultés, le chômage galopant, des universités publiques surchargées, des centres de santé mal équipés, des prisons bondées, et que sais-je encore ? Mais, nous ne sommes ni surpeuplés, ni densément occupées.

Les chiffres existent aujourd’hui et tout le monde peut les vérifier. Les cinq (5) pays africains possédant les densités de populations les plus élevées sont le Rwanda, le Burundi, les Comores, et la Gambie et l’île Maurice.

A l’évocation de ces noms, on peut rapidement comprendre que ce sont de « micro » pays à l’échelle de leurs superficies comparativement à leurs populations dépassant les millions d’habitants.

Par exemple, le Rwanda n’a qu’une superficie de 26.000 km2 avec un peu plus de 12 millions d’habitants (pour information, le Rwanda et le Burundi ne composait qu’un seul pays jusqu’à récemment).

Donc le Bénin au niveau de sa superficie fait environ cinq (5) fois le Rwanda avec sensiblement le même nombre d’habitants.

Mais pourtant, le Rwanda ne prend pas la fécondité de sa population comme un frein.

Pour exemple, le Gouvernement rwandais a signé l’année dernière avec la Grande-Bretagne un accord de recevoir sur son territoire tous les migrants illégaux qui seront chassés du territoire britannique contre beaucoup de millions d’euros.

Que nous arrive-t- il ? Que prônons-nous et que faisons-nous?

N’est-ce pas le Régime dit de la rupture qui a décidé de lever toutes dispositions d’obtention de visas pour tout africain qui souhaiterait vivre dans notre pays ?

Alors qu’est ce qui n’a pas marché ? Que nous arrive-t-il ?

Le continent africain avec ses pays sont nettement sous-peuplés comparativement à toutes les nations qui nous mettent la pression pour réduire les naissances chez nous.

Nous savons tous que les Etats les plus peuplés du monde sont l’Inde, la Chine, les Etats-Unis, l’Indonésie et le Pakistan, ensuite vient le Brésil, le Nigeria, le Bangladesh, la Russie, le Mexique, le Japon et j’en passe.

Cependant le Bengladesh qui fait partie de ces nations est deux fois moins grand que le Gabon.

Alors, en citant les pays les plus peuplés, on se rend compte que seul le Nigéria fais partie des pays avec un peu plus de 100 millions d’habitants, ensuite en Afrique on pourra citer l’Ethiopie et l’Égypte.

Si la forte population était si tant un inconvénient et à la base de nos maux, pourquoi réexportons nous toutes nos grandes importations vers le Nigeria ?

Lorsque nous recevons des investisseurs, pourquoi vantons-nous notre proximité avec le plus grand marché de consommateurs que constitue le marché nigérian ?

Les clichés et les pressions pleuvent sur les pays africains afin de les voir réduire une démographie déjà faible.

Les pays asiatiques se sont d’abord bien multipliés et se sont ensuite développés, avant de prendre des mesures de réduction démographiques…

Il urge de prendre des mesures de plus en plus pressantes pour scolariser de plus en plus nos populations, il urge, que nous recadrions nos systèmes éducatifs obsolètes afin de les adapter au mieux aux défis d’aujourd’hui et de demain.

Mais nous n’avons aucun problème avec la fécondité de nos femmes et de nos hommes.

Ce sont les Gouvernants qui doivent prendre des mesures pour trouver et pérenniser les solutions face à nos différents défis.

Rares sont les puissants pays au monde, même avec de petites superficies qui soient à quelques petits millions d’habitants.

La France a plus de 67 millions d’habitants, l’Allemagne a plus de 83 millions d’habitants, l’Italie a plus de 59 millions d’habitants sans parler de la grande Bretagne, la Hollande, etc.

Quant au pays de l’Afrique de l’Ouest, nous pouvons citer le Ghana 25 millions d’habitants, la Guinée Conakry 10 millions d’habitants, la Guinée Bissau plus d’un million d’habitants, le Bénin 12 millions d’habitants, le Togo 8 millions d’habitants, etc.

On constate aisément que les nations développées sont bien plus peuplées que les nations africaines. Donc le problème n’est pas le peuplement mais la formation des populations aux enjeux actuels.

Il semblerait qu’il y ait un plan Marshall pour le développement de l’Afrique dont a parlé le Président français dans un de ses discours et dans la mise sur pied dudit plan Marshall pour le développement de l’Afrique, il est aussi question de la transition démographique en Afrique.

Bon Dieu, bon sang, ne nous nous faisons pas avoir une énième fois ?

Rien ne concerne l’Afrique dans ce qu’ils appellent transition démographique.

Ce sont encore des clichés qu’on veut nous imposer, hormis le Nigeria, les habitants des quatorze (14) autres ou quinze (15) autres états de la CEDEAO réunis, n’atteignent pas les populations de la France, de l’Allemagne et de l’Italie réunis.

La transition démographique doit s’appliquer aux pays européens même si leurs populations sont vieillissantes et au sous-continent indien. L’Inde qui est désormais le pays le plus peuplé de la planète est bien moins vaste que le continent africain mais plus peuplé qui toute l’Afrique réunie, de quoi parle-t- on ?

Monsieur les rupturiens, sur le sujet, je vous conseillerais de reculer purement et simplement. Notre démographie est très loin d’être un facteur de sous-développement.

Il s’agit pour les dirigeants que vous êtes de prendre de courageuses décisions sur les modules de formation de nos populations.

Il s’agit pour vous d’anticiper sur les défis de demain sans jamais vous méprendre sur les réels problèmes.

Certes aucune nation ne peut vivre en autarcie, cependant, évitons que l’on nous dicte ce que nous devons faire pour nous développer durablement.

D’ailleurs, nos Maîtres nous ont appris qu’aucune grande puissance ne milite pour le développement des pays dits du tiers-monde.

Nous pouvons aisément anticiper sur ce que vous voulez faire de nos pays, en nous référant au diktat que vous imposent les Maîtres du monde, de grâce, même si vous voulez le faire, ne nous prenez plus comme des ignorants de la pire espèce.

Un pays comme le Bénin, n’a pour le moment aucunement besoin de contrôler ou de travailler à réduire les naissances d’enfants en son sein.

Béninoises, Béninois, procréons encore et encore mais sachons une chose, chacun devra avoir la lourde responsabilité de s’occuper de sa progéniture.

Tout autour de nous et ailleurs, nous prouve que notre démographie n’est aucunement à la base de nos difficultés.

L’Etat doit prendre plus de mesure pour former et bien former les enfants du pays. Il n’y a de richesse que d’hommes dit-on, c’est même pour cela que nos états doivent changer de paradigmes et bien former nos concitoyens…

Les systèmes d’enseignements dont nous avons hérités sont obsolètes et doivent impérativement être remplacés par des systèmes plus adéquats et plus performants.

MITOKPE Dossou Guy

Député 7ème législature

Membre du Parti Les Démocrates