Investi le 24 mai 2026 au Palais des Congrès de Cotonou, Romuald Wadagni a bouclé son premier mois à la magistrature suprême ce 24 juin. Élu le 12 avril avec 94,07% , l’ ex-ministre de l’Économie et des Finances imprime déjà sa marque. Entre continuité, rupture et mesures sociales fortes.
Dès le soir de son investiture, Romuald Wadagni a signé le décret 2026-314 portant composition de son premier gouvernement : 24 ministres dont 6 femmes, soit un quart. Rupture visible : plus de ministre d’État comme sous Talon, et les portefeuilles de l’Intérieur et de la Défense placés sous sa tutelle directe, vu la menace jihadiste au nord. Première aussi dans l’histoire du pays : la nomination d’une femme, capitaine Elvire Toupé, comme aide de camp.
Côté méthode, le président a changé le rythme institutionnel . Le Conseil des ministres passe d’une cadence hebdomadaire à mensuelle, chaque premier mercredi du mois. Objectif : désengorger l’agenda et donner plus de temps aux ministres sur le terrain. « La campagne est désormais derrière nous. Aujourd’hui, seul le Bénin compte », a lancé le président de la république à ses ministres conseillers à leur première rencontre mensuelle.
Le social au cœur des premières décisions
Fidèle à sa promesse « qu’une croissance nationale n’a de sens que lorsqu’elle devient visible dans la vie ordinaire des populations », le président Wadagni a enchaîné deux réformes marquantes en 30 jours.
Dans le domaine de l’éducation, il a instauré la gratuité universelle de la scolarité au secondaire, de la 6e en Terminale pour les filles. Cette réforme s’appuie sur des réallocations budgétaires visant à renforcer l’accès à l’école et à retenir davantage de jeunes filles dans le système éducatif.
En matière de santé, le gouvernement a mis en place le post-paiement et la gratuité immédiate des urgences médicales vitales. L’État a débloqué 1 milliard FCFA pour que tout patient dont le pronostic vital est engagé soit pris en charge sans condition financière préalable.
Le gouvernement a aussi dévoilé des mesures d’accompagnement pour les producteurs agricoles afin de soutenir la production nationale et d’améliorer les conditions de vie dans les zones rurales.
Diplomatie de voisinage et sécurité
Ancien artisan du boom économique béninois au côté du président Talon, Romuald Wadagni doit aussi gérer le défi sécuritaire dans le nord, en proie aux incursions jihadistes. Dans son discours d’investiture, il a promis que « la sécurité des populations et l’intégrité territoriale resteraient une priorité absolue ».
Sur le plan diplomatique, le chef de l’Etat a lancé une tournée express ouest-africaine : Nigeria, Niger, Burkina Faso, Togo, Côte d’Ivoire en 4 jours, puis Sénégal, Mali, Guinée-Bissau le 9 juin.
Visite historique au Niger
Première depuis le putsch de 2023, l’objectif affiché de la visite du nouveau président au Niger, c’est de décrisper les relations avec l’AES et repositionner le Bénin comme « pont » entre le Sahel en crise et le Golfe de Guinée.
Continuité revendiquée, style différent
Romuald Wadagni assume la continuité avec Talon : un tiers des membres du dernier gouvernement sont reconduits, sans oublier un hommage appuyé à son prédécesseur. Mais, son profil de technocrate discret et sa rigueur budgétaire orientée vers l’impact social direct donnent déjà un ton différent.
Après un mois de gouvernance, le président a donc posé les jalons d’un septennat qui veut allier rigueur managériale, diplomatie offensive et ancrage social. Le pari : que les réformes économiques de la décennie Talon bénéficient davantage aux Béninois. Rejoignez la communauté de Les 4 Vérités sur Whatsapp en cliquant sur ce lien:://whatsapp.com/channel/0029VbA6yXNAO7RCZYOqvi1R
Boniface KABLA
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