La quatrième édition du Forum International du Cadre de Vie (FIC) s’est achevée samedi 10 octobre 2026 par un dîner de gala à l’hôtel Sofitel de Cotonou. Une soirée marquée par la restitution des travaux, les discours de clôture et la remise des prix du Challenge Hackathon.
Trois jours durant, experts, décideurs, investisseurs, urbanistes et jeunes innovateurs ont débattu de l’avenir de nos territoires autour du thème : « L’économie des territoires africains : accélérer la transition vers la sobriété carbone ». Villes, logements, mobilité, eau, déchets, matériaux et financement ont été au cœur des réflexions.
Ismaïl Yasso : quatre conditions pour réussir
Dans son discours de clôture, le Directeur Général de la Construction et de l’Habitat, Ismaïl Yasso, a tiré la quintessence des échanges en quatre conditions majeures.
La première, selon lui, est la préparation des projets. « Entre une idée et son financement, il y a une étape décisive : la préparation du projet. Les investisseurs, les banques de développement, les financements climatiques sont là. Mais ils financent des projets prêts, mûrs, structurés, mesurables. Notre défi n’est donc pas seulement de chercher des financements, mais de mieux préparer nos projets pour y accéder », a-t-il souligné.
Deuxième condition : construire avec les ressources locales. « L’Afrique doit davantage construire avec ce qu’elle a, ce qu’elle possède : la terre, la pierre, le bois. Ces ressources doivent être mieux normalisées, mieux certifiées et davantage intégrées à une véritable filière économique. Nous ne pouvons pas durablement construire sous nos climats avec des réponses pensées pour d’autres climats », a-t-il martelé, citant Francis Perret.
Troisième condition : une approche systémique de la ville. « Une ville ne se construit pas en morceaux. Le logement appelle le foncier, la mobilité appelle l’aménagement, la gestion des inondations appelle les infrastructures et les services. C’est une économie de matériaux, une économie circulaire, une économie d’énergie et d’innovation, sans oublier une économie d’emplois ». Il a cité en exemple la GDIZ qui associe efficacité énergétique, recyclage des eaux et valorisation des déchets.
Enfin, quatrième condition : la redevabilité. « Pas de recommandation prioritaire sans responsable. Pas de responsable sans échéance. Et pas d’échéance sans résultat mesurable. Lors de la prochaine édition, la première question ne sera pas ‘Qu’allons-nous encore recommander ?’ mais ‘Qu’avons-nous effectivement réalisé ?’ », a-t-il proposé au Ministre.
« La transition ne se mesurera pas dans nos rapports. Elle se mesurera dans nos bâtiments, dans nos rues, dans nos quartiers et surtout dans le quotidien de nos concitoyens. Le FIC 2026 s’achève. Mais si nous avons bien travaillé, c’est maintenant que tout commence », a conclu Ismaïl Yasso.
Le Ministre : l’urgence de 500 000 logements
A sa suite, le Ministre du Cadre de Vie a insisté sur l’urgence sociale du logement.
« Nous devons construire plus de 500 000 logements dans les prochaines années. Ce n’est pas anodin. Comment y parvenir avec des ressources qui se font de plus en plus rares et que nous importons en grande majorité ? Nous devons définitivement mettre fin à cette aberration », a-t-il déclaré.
Pour le Ministre, la solution passe par la promotion des matériaux locaux afin de rendre le logement moins cher, totalement inclusif et de réduire les fractures sociales entre les boulevards de la Marina et les quartiers périphériques.
« L’essentiel de l’investissement d’une vie est consacré à sa maison. Vous n’imaginez pas le drame psychologique que cela représente quand cette maison ne répond pas aux attentes, quand elle se dégrade. Il est de notre responsabilité de mettre fin à cela », a-t-il ajouté.
Il a appelé à faire de l’écologie une donnée d’entrée dans toute réflexion urbaine et non un simple constat tardif, conformément à la vision sociale du Président de la République.
Dîner de gala : la jeunesse à l’honneur
La soir de clôture s’est poursuivie samedi 10 octobre 2026 au Sofitel par un dîner de gala consacré à la restitution des travaux et à la remise des prix du Challenge Hackathon.
A cette occasion, quatre équipes de jeunes innovateurs ont été distinguées pour la pertinence de leurs solutions : Willson Edwin Mardochet Adjovi et Mohamed Baydoun pour leur projet d’arrêt de bus FIFA, Omontola A. Rayanatou Abdou et Gloria Séréna Mahoutohou Dagba, Edan Barzasi et Sonia Léila Boukari pour leur projet sur la décarbonation du bâtiment, ainsi que Nelly Mahouna Gbaguidi et Meryl Agnikpé pour leur projet portant sur la gestion des eaux usées.
Des solutions innovantes, localisées et réalistes, adaptées aux réalités béninoises, qui illustrent parfaitement l’esprit de ce forum : passer de la parole à l’acte pour bâtir des villes plus durables et plus humaines.
Boniface KABLA
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