Reçu dans l’émission «Dimanche politique» sur E-Télé : Daniel Edah se prononce sur des sujets d’actualité et rappelle sa vision pour le Bénin

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(«Chaque nouveau régime installé modifie ou détruit les politiques et projets des régimes précédents.  L’impression est que le pays repart de zéro à chaque élection présidentielle», souligne Daniel Edah)

Daniel Edah a exprimé son point de vue sur les assises nationales sur la croissance démographique et le développement prévu pour le mois de novembre prochain.A en croire Daniel Edah, les problèmes du Bénin ne sont pas essentiellement liés à la croissance démographique, mais plutôt à l’absence d’une vision politique à long terme. L’ancien fonctionnaire international de la Francophonie, fait savoir que c’est un manque de vision qui constitue un problème profond et qui perdure depuis un certain temps. Et ce manque de vision entraîne une gouvernance au gré des changements de pouvoir, dit-il. Et Daniel Edag d’ajouter: «Les problèmes du Bénin aujourd’hui ne sont pas liés à notre démographie. Les problèmes du Bénin sont liés à notre manque de vision qui ne date pas d’aujourd’hui parce que nous avons enclenché le processus sans véritablement renforcer la position, la place de la vision de la promotion de la vision en politique. Donc nous naviguons à vue».

Pour Daniel Edah, le Bénin  semble fonctionner sans une direction politique cohérente. La conséquence, analyse-t-il, chaque nouveau régime installé modifie ou détruit les politiques et projets des régimes précédents.  L’impression est que le pays repart de zéro à chaque élection présidentielle, souligne Daniel Edah.

L’ancien candidat à l’élection présidentielle de 2016 a également évoqué les  défis auxquels le Bénin est confronté en matière de gouvernance et de développement économique. Pour faire face à ces problèmes, il est essentiel de jouer sa propre partition et de développer une vision politique à long terme pour le pays, suggère-t-il.«Il y a tellement de défis de gouvernance à relever et des défis à relever au plan économique. Et quand on joue notre partition, on pourra voir clair», fait savoir Daniel Edah.

Daniel Edah a aussi  abordé la question liée à la justice béninoise et le colloque de redynamisation et de modernisation du secteur au Bénin  tenu du 5 au 6 octobre passé à Cotonou. « Mon appréciation de l’état de la justice est celle que font nos compatriotes ». Daniel Edah répond ainsi à la question de savoir l’appréciation qu’il fait de la justice béninoise à la date d’aujourd’hui. Il a évoqué un problème délicat auquel  la justice est confronté dans le pays . « Si j’entends le peuple, il y a une crise de confiance. En la justice de notre pays, nos compatriotes croient de moins en moins et c’est heureux que le gouvernement ait pris l’initiative de ce colloque dont les résolutions, je l’espère, permettront d’améliorer les services rendus par la justice béninoise à nos compatriotes ». Le natif du Couffo rappelle qu’en 2017, le président de la République parlait de la justice béninoise comme étant corrompue. Pour lui, si en 2023, on organise un colloque pour renforcer ou améliorer la justice, c’est que « le diagnostic fait depuis 2017 n’a pas sérieusement évolué et il faut davantage d’efforts. »

Daniel Edah apprécie cependant l’initiative du colloque de la redynamisation et de la modernisation de la justice au Bénin. « Ce qui importe pour moi c’est de saluer l’initiative du gouvernement à travers ce colloque et espérer que les conclusions puissent permettre d’accroître la confiance que le peuple semble avoir en la justice. Le plus important, ce n’est pas de critiquer mais de construire. Nous gagnerons beaucoup plus à construire qu’à critiquer. A partir du moment où le gouvernement prend l’initiative d’un tel colloque, cela veut dire qu’il y a une prise de conscience et nous avons le devoir de l’accompagner », suggère Daniel Edah.

« Normalement, la justice doit être indépendante de toute influence fut elle économique, politique, religieuse et autres. De 2006 à 2016, nous avons connu aussi la justice avec toutes les critiques contre elle formulées. Aujourd’hui, nous nous retrouvons dans un autre régime où les mêmes critiques reviennent, ça veut dire que c’est un défi structurel que nous devons relever. On ne peut relever ce défi qu’en nous basant sur une vision par rapport à notre engagement politique »,  confie l’acteur politique sur la question du traitement judiciaire qui est fait à un acteur politique par rapport à un individu lambda.

Daniel Edah rappelle sa vision pour le Bénin

Daniel Edah rappelle sa vision pour le Bénin : « Le Bénin économiquement prospère et socialement stable dans une Afrique bien intégrée ». Cette vision, selon lui, ne date pas d’aujourd’hui et n’est pas conjoncturelle à une élection. A l’entendre, le gros travail à faire est la prise d’engagement politique à partir d’une vision. «  Notre défi principal, c’est de commencer par nous engager en politique à partir d’une vision et non à partir de ce que quelqu’un peut nous offrir », a-t-il lancé.

A.CC. & F.K.