Venus de huit (08) pays africains, chercheurs, décideurs et acteurs du privé se retrouvent du lundi 19 au 23 octobre 2026 à Azalaï Hôtel de Cotonou pour partager leurs expériences sur les bio-intrants. Une initiative de l’INRAB dans le cadre du projet BIO PACT avec le soutien du FIDA
Faire des bio-intrants une solution africaine à l’urgence agricole du continent. C’est l’ambition de l’atelier régional immersif qui s’est ouvert ce lundi 19 octobre 2026 à Azalaï Hôtel de Cotonou, dans le cadre du projet BIO-PACT un partenariat de coopération Sud-Sud lancé par le Fonds International de Développement Agricole (FIDA) et piloté par l’Institut National des Recherches Agricoles du Bénin (INRAB).
La rencontre réunit des délégations venues du Burkina Faso, du Kenya, du Liberia, du Malawi, du Sénégal, de la Sierra Leone, du Togo et du Bénin. Chercheurs, décideurs, partenaires techniques et financiers, organisations de producteurs et acteurs du secteur privé sont mobilisés autour d’un même objectif : construire une agriculture africaine plus résiliente, productive et fondée sur la valorisation des ressources locales.
La triple urgence des agricultures africaines
À l’ouverture des travaux, le Directeur régional du FIDA, Bernard Hien, a dressé le diagnostic sans détour.
« Nos agricultures sont confrontées à une triple urgence : l’urgence climatique avec des pluies irrégulières et des sécheresses prolongées, la dégradation des sols et la pression accrue des ravageurs, et d’autre part l’urgence économique liée à une dépendance coûteuse aux intrants agricoles et à une forte exposition des chaînes d’approvisionnement », a-t-il rappelé.
En Afrique, a-t-il souligné, plus de 80% des engrais chimiques utilisés sont importés. Une dépendance rendue plus vulnérable par les crises successives et la flambée des prix sur les marchés mondiaux.
« Ce constat fait des bio-intrants non plus une option marginale, mais un levier stratégique de résilience et de souveraineté alimentaire », a insisté Bernard Hien.
En valorisant les ressources locales, les pays entendent réduire de 20% à 40% les dépenses des producteurs en intrants chimiques tout en soutenant la transition agroécologique.
« Les bio-stimulants et les bio-pesticides peuvent nous aider à répondre simultanément à ces urgences. Ils améliorent la santé des sols et la résilience des cultures. Produits localement à partir des résidus agricoles et de matière organique, ils réduisent la dépendance extérieure, stimulent l’entrepreneuriat rural, créent des emplois locaux et contribuent au stockage dus carbone dans les sols », a-t-il expliqué.
Et de préciser l’approche : « Notre ambition n’est pas de remplacer du jour au lendemain les engrais minéraux. Il s’agit d’engager une transition pragmatique vers des systèmes de production plus résilients. C’est précisément l’ambition de Bio-Impact. Notre conviction est claire : des solutions existent déjà sur notre continent et notre responsabilité, c’est de les partager et de les mettre à l’échelle ».
Cotonou, carrefour du savoir-faire africain
Pour le Directeur Général de l’INRAB, Comlan Hervé Sossou, le choix de Cotonou pour abriter cette rencontre régionale n’est pas fortuit.
« Notre capitale économique offre un cadre propice à la réflexion collective et au partage d’expériences entre chercheurs, décideurs, partenaires techniques et financiers, organisations de producteurs et acteurs du secteur privé », a-t-il affirmé.
« Votre présence parmi nous témoigne de notre volonté de construire une agriculture africaine plus résiliente, productive et davantage fondée sur la valorisation de nos propres ressources, de nos savoir-faire et de nos innovations », a-t-il ajouté à l’endroit des délégations.
Le responsable a également rappelé le contexte décisif dans lequel se trouve le continent : « Les besoins alimentaires de nos populations continuent de croître sous l’effet combiné de la croissance démographique, de l’urbanisation et de l’évolution des habitudes de consommation ».
Une réponse durable face à la dépendance
Au nom du Ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, la Secrétaire Générale du MAEP, Madéleine Lafia Mora, a officiellement ouvert les travaux en souhaitant la bienvenue aux délégations.
Il a insisté sur une vulnérabilité commune : des agricultures fortement tributaires d’intrants importés alors même qu’elles constituent le socle des économies et assurent les moyens de subsistance de millions de familles.
« Les perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales et la flambée des prix des intrants ont affecté nos producteurs, fragilisé nos exploitations agricoles et accru la pression sur les finances publiques. Dans le même temps, les terres agricoles souffrent d’une dégradation progressive. La matière organique des sols diminue, les équilibres biologiques se fragilisent et les effets du changement climatique accentuent davantage ces vulnérabilités », a déclaré le SG/MAEP.
Face à cette réalité, les bio-intrants – biofertilisants, bioamendements, biostimulants et biopesticides – apparaissent, selon lui, comme l’une des solutions d’avenir pour restaurer la santé des sols, améliorer l’efficacité de la nutrition végétale et renforcer la résilience des systèmes de production.
Durant deux jours, les participants auront à partager les innovations existantes, les modèles de production locale et les pistes pour une mise à l’échelle durable à travers le continent.
Boniface KABLA