Selon le ministre de l'Industrie du Maroc : «C’est la CAN la plus rentable de l’histoire pour le pays hôte»

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Le Sénégal a remporté la Coupe d’Afrique des nations de football (CAN 2025) en battant le Maroc 1-0, après prolongation, ce 18 janvier 2026 à Rabat. Une défaite sur le terrain au goût amer et pour les supporters marocains. Le bilan est cependant très positif pour le Maroc qui a en ligne de mire la coorganisation de la Coupe du monde 2030. Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du Commerce, dresse le bilan des investissements.

Ryad Mezzour, quel bilan tirez-vous de cette Coupe d’Afrique des nations de football (CAN 2025) organisée par le Maroc.

Ryad Mezzour : La première partie, en termes d’investissement sportif, c’est autour de 1 milliard d’euros pour la mise à niveau des stades, des parkings à côté, etc. Pour qu’on puisse être en mesure d’accueillir correctement cette grande compétition sportive. Ce qui est extrêmement intéressant, c’est que cet investissement est d’ores et déjà rentabilisé. D’abord par les revenus directs de la CAN en termes touristiques, en termes de créations d’emplois, en termes d’accélération de la consommation et de l’implication des PME et des investissements des PME. Pour résumer, c’est la CAN la plus rentable de l’histoire pour l’organisateur, pour la CAF, et c’est la CAN la plus rentable de l’histoire pour le pays hôte.

Qu’en est-il des autres investissements ? Est-ce que vous pouvez nous dire si ça a favorisé des grands projets, des grands chantiers ?

Bien évidemment. Alors pour vous donner une idée, on est sur 40 milliards d’euros d’investissements par an. Ce sont des investissements qui sont liés à nos infrastructures, qu’elles soient routières, énergétiques, pour assurer notre sécurité hydrique. Il y a des investissements pour développer notre réseau de transports publics, notamment avec l’acquisition de 128 trains, l’extension de la ligne TGV jusqu’à Marrakech et Agadir dans un second temps. Le développement de nos aéroports. Donc, ce sont des méga-chantiers partout, dans tout le pays qui sont accélérés par ces rendez-vous. Et, en gros, ces deux dernières années, la CAN nous a fait gagner dix ans de développement en termes d’infrastructures.

 

Et qu’en est-il de l’emploi ?

Sur l’effet CAN 2025, dans les premières estimations, on est autour de 100 000 emplois créés. Ce n’est pas rien du tout et ce sont des emplois de qualité. C’est de la formation, notamment dans les services, dans le BTP, dans l’IT. Vous avez vu la première CAN avec une gestion, par exemple, de la billetterie entièrement numérique avec des fans ID. Donc, il y a eu un engagement extrêmement intéressant et une modernisation de toute la logistique, de toutes les capacités d’accueil, la gestion de 1,3 million de spectateurs dans les stades, ce qui est aussi un record, avec des entrées et des sorties fluides. On est extrêmement satisfaits. On a investi dans des infrastructures qui sont d’ores et déjà rentabilisées et qui ont créé une dynamique économique extrêmement intéressante et qui représentent 80 % des besoins pour la Coupe du monde. Donc, on ne peut être que satisfaits.

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La CAN de tous les records (commerciaux)

Pour le président de la Confédération africaine de football (CAF), Patrice Motsepe, cela ne fait aucun doute : cette 35ᵉ CAN est « la plus réussie de toute l’histoire de cette compétition ». Et c’est « le plus grand succès commercial de l’histoire du football africain », des mots même de la CAF. À l’appui de cette déclaration, l’augmentation de plus de 90 % des revenus de cette organisation liés à la CAN 2025. Revenus estimés : 280 millions d’euros.

Un succès aux raisons multiples : l’élargissement significatif du portefeuille de partenaires commerciaux, la croissance de la distribution des droits médias, ainsi que l’ouverture vers de nouveaux marchés, notamment en Extrême-Orient (en particulier la Chine et le Japon).

Record côté sponsors également : ils étaient 9 lors de l’édition camerounaise, 17 en Côte d’Ivoire, 23 cette année.

Des records aussi battus dans les tribunes. Plus de 1,3 million de spectateurs dans les tribunes. Déjà première destination touristique du continent, 2025 marque une nouvelle barre franchie avec 20 millions de visiteurs.

Le président de la CAF a également salué la « qualité des stades, des infrastructures, des installations ». Pour atteindre ce résultat, le Maroc n’a pas lésiné sur les investissements : 1 milliard d’euros, rien que pour les équipements sportifs.

 

RFI