Le ministre porte-parole du gouvernement a présenté dimanche plusieurs avancées : une usine de suppléments nutritionnels, une réforme territoriale au service de l’équité et un premier bilan positif du mandat de Romuald Wadagni. Voici l’essentiel, question par question.
Qu’a annoncé le gouvernement dimanche ?
Wilfried Léandre Houngbédji, ministre et porte-parole du gouvernement, était l’invité d’une émission télévisée le 18 octobre. Il y a présenté le projet d’une usine de production de suppléments nutritionnels au Bénin, dont la capacité pourra atteindre 9 000 tonnes par an. Il s’est aussi exprimé sur la réforme des six pôles de développement territorial et sur les cinq premiers mois du président Romuald Wadagni.
À qui ces suppléments sont-ils destinés ?
En priorité aux enfants durant leurs mille premiers jours de vie et aux femmes enceintes ou allaitantes. Cette période est cruciale pour le développement de l’enfant et pour le capital humain du pays. Le gouvernement en attend deux effets : un meilleur développement cognitif et intellectuel des enfants, et un nombre de bénéficiaires nettement plus élevé.
Pourquoi cibler les mille premiers jours ?
Parce que c’est la période où se construisent les bases du développement physique et intellectuel de l’enfant. Le gouvernement en fait une priorité de capital humain : agir tôt, c’est investir dans la réussite future de toute une génération.
Est-ce une politique nouvelle ?
Elle s’appuie sur un acquis. Une supplémentation nutritionnelle existe déjà, associée au programme des cantines scolaires. L’usine en est le complément et permettra d’aller beaucoup plus loin, en volume comme en nombre de personnes servies.
Elle élargit aussi le champ d’action : au-delà des enfants scolarisés, elle touchera les nourrissons et les femmes enceintes ou allaitantes.
Pourquoi produire au Bénin plutôt qu’importer ?
Par volonté de souveraineté alimentaire et industrielle. Le gouvernement remplace les importations par une production entièrement locale. Fabriquer sur place permet de réduire les coûts et d’améliorer le rapport qualité-prix. « Nous ferons de la compétitivité », a résumé le porte-parole. Ce choix permet aussi de mieux maîtriser l’approvisionnement, sans dépendre des prix et des délais de fournisseurs étrangers.
Que peuvent en attendre les agriculteurs ?
Un nouveau débouché. L’usine transformera des produits béninois, ce qui fera des agriculteurs ses fournisseurs de matières premières. Ils en tireront des revenus directs, comme les autres acteurs de la chaîne de valeur de l’usine. Le projet est un moteur pour l’agriculture nationale, dans la logique du « Produire local ». C’est aussi la garantie que l’argent consacré à la nutrition des enfants profite à l’économie nationale.
Les six pôles changent-ils l’organisation administrative du pays ?
Non. Le porte-parole a été clair : la réforme est économique. Elle n’est ni une réforme administrative ni une révision de la décentralisation. Les communes et l’organisation actuelle de l’État ne sont donc pas concernées. La réforme agit sur un autre plan : la manière dont l’effort de développement se répartit entre les régions.
À quoi servent-ils, alors ?
À rapprocher la croissance des citoyens et à l’accélérer dans les territoires. Le gouvernement transpose la dynamique nationale au niveau local, « dans les lieux de vie » des populations. Il privilégie l’équité et l’impact local, avec deux objectifs : réduire les disparités entre régions et simplifier les démarches sur le terrain.
Le porte-parole l’a rappelé : l’ambition est de concrétiser l’engagement pris lors de la campagne électorale, amplifier la dynamique de développement au cours du septennat 2026-2033. La réforme est ainsi à mettre à l’actif du gouvernement du président Romuald Wadagni, cinq mois seulement après son entrée en fonction.
Quel bilan l’exécutif tire-t-il de ses cinq premiers mois ?
Un bilan très positif. Le porte-parole fait état d’un climat d’optimisme et de satisfaction constaté lors des tournées gouvernementales, et d’une adhésion fondée sur des résultats visibles. Il met en avant la redistribution des fruits de la croissance, engagée dès les premiers mois par le chef de l’État.
Il revendique aussi la continuité avec les réussites des dix années précédentes, résumée d’une formule : « nous ne ferons pas moins ». Et il salue un peuple béninois engagé, convaincu que le travail collectif paie.
Quelles sont les prochaines étapes ?
La mise en œuvre précisera le site de l’usine, les filières agricoles mobilisées et l’organisation de la distribution des suppléments. Pour les pôles, la carte et les activités prioritaires de chacun d’eux en constitueront les prochains jalons. Le cadre est fixé : celui du septennat 2026-2033. Le gouvernement s’est donné le temps et les objectifs ; la mise en œuvre traduira ces engagements dans le quotidien des Béninois, au bénéfice des familles, des producteurs et des territoires.
E.A.T.
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