Il y a des moments où l’histoire cesse d’être une simple matière d’étude pour redevenir une question de territoire. La rencontre entre l’Académie nationale des sciences, arts et lettres du Bénin (ANSALB) et la Mairie de Sakété, ce mercredi 30 septembre 2026, appartient à ces moments-là.
La Mairie de Sakété a reçu la délégation conduite par le Professeur François Adébayo ABIOLA, coordonnateur du programme consacré à la réécriture de l’histoire du Bénin à l’ANSALB. Cette rencontre a pour objectif de favoriser un échange entre l’institution scientifique et les autorités communales autour de la recherche, de la documentation et de la valorisation de faits, de personnages, de lieux et de traditions présentant un intérêt pour la connaissance de l’histoire de Sakété.

Les échanges qui ont notamment porté sur les résistances à la domination et à l’humiliation de l’administration coloniale dans ses colonies avec particulièrement le cas de Sakété se sont articulés autour de deux temps principaux :
– un échange institutionnel entre les responsables de la Commune de Sakété et la délégation de l’ANSALB ;
– une visite de terrain consacrée à certains sites présentant un intérêt historique pour la commune.
En rappelant le chemin parcouru depuis le 2 août 2025, le Professeur François Adébayo Abiola et la délégation a replacé Sakété au cœur d’une démarche qui dépasse la seule recherche académique : retrouver les traces, documenter les faits, faire connaître les figures historiques et redonner une place aux lieux qui portent encore la mémoire du territoire.

Le Roi Adélou Bi Odjo, le Monument Caït, la place de la Résistance, la porte du non retour , l’ancienne école située face au monument : autant de noms et de lieux qui montrent qu’une histoire peut être présente autour de nous sans toujours être suffisamment connue ou expliquée.
Mais une mémoire ne devient véritablement un patrimoine que lorsqu’elle est étudiée, protégée, valorisée et transmise.
C’est là que la rencontre avec la Mairie prend tout son sens.
À travers l’accueil réservé à la délégation et les encouragements du Maire de Sakété, une passerelle se dessine entre le travail des chercheurs et la responsabilité de la collectivité car les chercheurs peuvent se documenter.
Les historiens peuvent établir les faits.
Les enseignants peuvent transmettre.
Les collectivités peuvent préserver et valoriser.
Mais c’est l’ensemble de ces forces qui permet à une société de mieux connaître son propre parcours.
La visite des sites, après les échanges en salle, a donné une portée particulière à cette réflexion.
L’histoire était là, devant nous et la véritable question n’est donc plus seulement de savoir ce que nous avons hérité du passé.
La question est de savoir ce que nous allons faire de cet héritage.
Au regard des échanges, plusieurs pistes de travail ont été envisagées entre la Commune de Sakété et l’ANSALB afin d’améliorer le travail déjà abattu, notamment la poursuite des recherches sur les faits historiques liés à Sakété et aux résistances anticoloniales avec :
– l’identification des personnes ressources détentrices de traditions et témoins susceptibles de contribuer à l’amélioration de la collecte de la mémoire orale et l’inventaire des sites présentant un intérêt historique ou patrimonial ;
– le partenariat avec les collèges avec cette volonté d’y favoriser l’enseignement de notre histoire.
Le Maire a souhaité l’appui de l’ANSALB à travers le volet toponymie. Ceci lui permettra de bien aborder le moment venu, la dénomination des rues et des places publiques.

Au total, Sakété a une histoire.
Cette histoire mérite d’être recherchée sans passion, racontée avec rigueur, portée avec dignité et transmise sans déformation aux générations futures.
Tayé Ejidé Idrissou SOUBEROU (Membre de la délégation)
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