Au Mali, ce jeudi 1er octobre est jour de rentrée scolaire alors que 2026-2027 a été décrétée « Année de l’éducation et de la culture » par le président de la Transition, le général Assimi Goïta. Pourtant, à cause de la dégradation du contexte sécuritaire et de l’extension de la présence jihadiste dans le pays, plus de 2 400 écoles ne pourront pas accueillir d’élèves en cette rentrée. Un chiffre en constante augmentation ces dernières années.
Parce que les jihadistes les ont obligées à fermer, parce qu’elles ont été pillées ou détruites au cours d’attaques, parce que les enseignants ont trop peur d’y prendre leur poste ou parce qu’elles accueillent des familles déplacées ayant fui les violences, 2 444 écoles sur les 11 860 que compte le Mali – soit plus de 20% d’entre elles – sont fermées. Plus d’une école sur cinq affectant directement 733 200 enfants, selon les chiffres publiés en juin par le cluster éducation du Mali qui rassemble le ministère de l’Éducation et toutes les organisations et associations du secteur.
Ce triste record est battu chaque année : 1 300 écoles étaient fermées à la rentrée 2020, 1 800 en 2024, et plus de 2 400, donc, cette année.
Ménaka, Kidal
Il y a deux semaines, lors d’une rencontre au ministère de l’Éducation consacrée aux préparatifs de la rentrée, les syndicats du secteur s’étaient d’ailleurs inquiétés – notamment – du « nombre d’écoles fermées sur le territoire national » et de « la situation des enseignants en poste à Ménaka et à Kidal », dans le Nord. Les indépendantistes du FLA et les jihadistes du Jnim, liés à al-Qaïda, ont pris le contrôle de Kidal et de Tessalit le 25 avril. L’armée et l’administration malienne en ont été chassées, et 84% des écoles de la région sont fermées.
À Ménaka, seule la ville reste contrôlée par les forces maliennes. Le reste de la région est sous l’emprise de la branche sahélienne de l’État islamique depuis plusieurs années. Cinquante deux pour cent des écoles de l’académie de Ménaka sont « non fonctionnelles ».
Situation à peine meilleure dans le centre du Mali
La situation est à peine meilleure dans le centre du pays où la Katiba Macina du Jnim impose sa loi dans de nombreux villages et zones de brousse. Les taux de fermeture d’écoles atteignent ainsi 38% pour l’académie de Bandiagara, 52% pour celle de Douentza, et jusqu’à 68% pour l’académie de Tenenkou.
À l’occasion de la fête de l’indépendance, la semaine dernière, le président de la Transition, le général Assimi Goïta, a rappelé qu’il avait décrété 2026-2027 « Année de l’éducation et de la culture » et promis de « renforcer davantage » « la lutte contre l’insécurité et les groupes terroristes ».
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