En match de groupe de la Coupe du monde féminine U 20 qui se déroule actuellement en Pologne, les Amazones du Bénin ont perdu leur deuxième match de groupe face à l’Argentine ( 0-8) après le match nul historique face au Mexique (2-2) samedi dernier. Pour Christhelle Houndonougbo Alioza ( CHA) « Elles ( les Amazones, ndlr) ont perdu un match, pas la fierté d’un peuple. Lire son analyse.
Il y a des jours où le cœur est lourd, où les mots manquent et où le score fait exploser de rage. Mais il y a aussi des jours où il faut savoir regarder au-delà du tableau d’affichage pour mesurer tout le chemin parcouru.
Les Amazones U-20 du Bénin ont connu une deuxième sortie difficile face à l’Argentine. Elles ont donné ce qu’elles ont, elles se sont battues avec leurs moyens, mais elles sont tombées sur une équipe plus forte, plus technique et surtout plus réaliste. La défaite est lourde, le score fait mal, mais elle ne doit en aucun cas effacer tout ce que ces jeunes filles ont déjà accompli.
Car avant cette rencontre, il y avait déjà une histoire à raconter.
Pour leur première participation à une Coupe du monde U-20, les Amazones ont fait rêver tout un peuple. Elles ont porté le maillot national avec fierté et ont offert aux Béninois des émotions que beaucoup n’oublieront pas de sitôt.
Face au Mexique, elles auraient pu abandonner. Menées 2 buts à 0, elles ont pourtant trouvé au fond d’elles-mêmes la force de revenir. Deux buts pour égaliser. Deux buts pour rappeler qu’une Amazone ne renonce pas facilement.
Ce jour-là, elles n’ont pas seulement obtenu un match nul. Elles ont gagné quelque chose de plus précieux : le respect et la confiance de tout un peuple.
Le mardi 08 septembre2026, le scénario a été différent. L’Argentine a pris le dessus. Il faut avoir l’humilité de le reconnaître que dans le sport, il y a des jours où l’on est meilleur, et d’autres où l’adversaire l’est davantage.
Mais une défaite ne retire ni le talent, ni le courage, ni les sacrifices consentis dans une compétition.
Elle ajoute simplement une nouvelle leçon à l’histoire de nos jeunes filles.
Nelson Mandela disait : « Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends. » Une phrase qui prend tout son sens au soir du 08 septembre2026. Ce match doit être regardé non pas uniquement avec les yeux de la déception, mais aussi avec ceux de l’apprentissage.
Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ?
Que faut-il corriger ?
Que faut-il améliorer ?
Comment revenir plus fortes ?
C’est ainsi que les grandes équipes se construisent.
Alors, Amazones, ne laissez pas cette défaite vous faire douter de vous-mêmes. Ne laissez pas un score difficile vous faire oublier les joyeuses courageuses que vous étiez il y a quelques jours. Vous êtes les mêmes filles qui ont résisté, qui ont couru, qui ont souffert et qui ont refusé de laisser le Mexique repartir avec la victoire.
Le Bénin continue de croire en vous.
Et il faut se souvenir de l’histoire de nos Agodjié, ces femmes guerrières du Danxomè dont le courage est encore raconté de génération en génération. Leur force ne résidait pas dans l’absence de difficultés, mais dans leur capacité à affronter l’adversité avec détermination et courage.
La deuxième sortie, l’adversité porte un autre visage : celui d’un match perdu, d’un score lourd et d’une immense déception. Mais le principe reste le même : tomber n’est pas honteux. Refuser de se relever le serait davantage.
Le football nous a d’ailleurs appris à ne jamais écrire la fin d’une histoire trop tôt. Des équipes ont commencé des compétitions dans la difficulté avant de surprendre par leur réaction. Certaines ont perdu leur premier combat avant de gagner les suivants. Parce qu’au football comme dans la vie, une mauvaise journée ne résume jamais une destinée.
Il reste encore une rencontre. Une nouvelle occasion de se battre. Une nouvelle possibilité de faire vibrer ce peuple qui vous accompagne depuis le début de cette aventure.
Alors, ne pensez pas seulement aux milliers de Béninois qui vous regardaient lorsque vous gagniez. Pensez aussi à ceux qui, le soir du 08 septembre2026, malgré la déception, continueront de vous dire : « Courage les filles, on est en soutien. »
Parce que c’est aussi cela, aimer son équipe nationale : savoir applaudir dans la victoire, mais surtout savoir rester debout à ses côtés dans la défaite.
Amazones, vous avez déjà marqué l’histoire. Mais peut-être que votre plus belle page reste encore à écrire.
Relevez la tête. Essuyez les larmes s’il y en a eu. Tirez les leçons de cette rencontre. Et retournez sur le terrain avec cette même envie, cette même fougue et cette même détermination qui vous ont conduites jusqu’en Pologne.
Le peuple béninois continue de croire en vous
Et parfois, les plus belles victoires naissent précisément des plus grandes défaites.
Alors, une défaite, oui!
Mais une fin, non!
Tant que le dernier match n’est pas joué, tant que le dernier coup de sifflet n’a pas retenti, il reste une possibilité de se relever, de se battre et de surprendre.
Amazones, continuez d’y croire.
Le Bénin avec vous!
Parce qu’une véritable Amazone ne se définit pas seulement par la manière dont elle gagne. Elle se reconnaît surtout à la manière dont elle se relève.
Fierté nationale.
CHA
Femme Noire, Femme de Pouvoir
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