Créer un espace de rencontre entre les auteurs et le public, tel est l’objectif que poursuit la Bibliothèque nationale à travers son initiative baptisée café littéraire. Autour de cette thématique se déclinent des rencontres, des échanges, des moments d’inspiration et de partage d’expériences. Concrètement, un certain nombre d’auteurs béninois sont sélectionnés pour venir raconter leur parcours d’écrivain, dans le but de susciter d’éventuelles vocations et d’inspirer d’autres personnes à se lancer à leur tour dans l’écriture.
C’est dans ce cadre que s’est tenu, le vendredi passé dans la salle de conférence de la Bibliothèque Nationale à Porto-Novo, un nouveau café littéraire. Pour cette édition, c’était au tour de Maboudou Abdou Rahim, plus connu sous le nom de Bravo, jeune écrivain béninois, artiste et poète slameur, d’échanger avec le public. L’occasion pour lui de revenir sur ses expériences en tant qu’écrivain, mais surtout sur les motivations qui l’ont poussé à écrire son livre intitulé Dr LI, au cœur de ce rendez-vous littéraire.
Interrogé sur ce qui l’a conduit à publier cet ouvrage, l’auteur a d’abord tenu à souligner sa volonté de montrer la fragilité de l’être humain. Selon lui, un écrivain ne se contente pas de raconter les histoires des autres. Il vit lui aussi des choses, et c’est précisément ce vécu qu’il choisit de partager à travers ses écrits. Ainsi, l’inspiration ne vient pas uniquement de l’extérieur, elle puise également dans l’expérience personnelle de l’auteur.

Bravo a également voulu rappeler, à travers son livre, que l’homme a le droit de pleurer. Pour lui, il est tout à fait normal qu’un homme exprime ses émotions, car il reste avant tout un être humain, donc fragile par nature. C’est pourquoi Dr LI porte à la fois les joies et les larmes de son auteur. En mettant cette réalité en avant, Bravo souhaite que le public comprenne qu’il est normal pour un homme de pleurer, et que les artistes eux aussi traversent, en coulisses, des épreuves qu’ils ne montrent pas toujours.
Le roman se présente ainsi comme une histoire d’amour racontée du début jusqu’à la fin. Le lecteur y traverse plusieurs étapes, de l’émerveillement à l’enchantement, puis de la déception à la dépression, avant d’arriver enfin à la reconstruction de soi. Un véritable cycle qui permet de voyager à travers les différentes facettes du sentiment amoureux.
Au-delà de la présentation de son œuvre, l’écrivain n’a pas manqué de saluer l’initiative portée par la Bibliothèque nationale. Il a d’abord tenu à remercier le gouvernement, le ministère de tutelle, ainsi que toute la direction de l’institution pour ce travail. Il a salué au passage toute l’équipe qui œuvre à dérouler cette initiative, en soulignant qu’elle réunit aussi bien les aînés que les jeunes générations d’auteurs. Pour lui, cette dimension intergénérationnelle interpelle particulièrement la jeunesse, car il ne faut jamais perdre de vue les anciens. Il reste en effet convaincu que l’expérience des générations précédentes a toujours quelque chose à apprendre en matière d’écriture. C’est pourquoi il a formulé le vœu que cette initiative perdure dans le temps, et qu’elle ne se limite pas à cette seule édition, mais se poursuive dans les années à venir, au service de la littérature béninoise.
Fréjus MASSIHOUNTON
A lire aussi:
Des enseignants d’Hist-Géo de Parakou approfondissent leur réflexion
Karim da Silva met en garde contre toute atteinte à la vie de l’artiste
Karim da Silva, entouré des sages et des autorités, prie pour le repos de son âme