Le Bénin a conféré samedi 29 Août sa nationalité à dix Afrodescendants. Accueillis officiellement sur la terre de leurs aïeux, ces nouveaux citoyens ont accompli ce que beaucoup qualifient de retour aux sources. La cérémonie, empreinte de solennité, s’est tenue en présence des autorités et des familles venues célébrer ce moment hautement symbolique.
Parmi les récipiendaires figure Lavaury Gutemberg Théodore. Originaire de la Guadeloupe et résidant en France depuis plus de 40 ans, il a exprimé une profonde fierté à l’annonce de sa naturalisation.« Aujourd’hui, c’est un grand jour pour moi. Je suis vraiment fier d’être Béninois », a-t-il confié. Pour lui, cette démarche dépasse le cadre administratif. Elle consacre le retour d’une lignée familiale arrachée à l’Afrique lors de la traite transatlantique. Apprenant que le Bénin ouvrait aux Afrodescendants la possibilité d’établir un lien juridique avec leur terre d’origine, il n’a pas hésité.
« Retourner à ses origines, je pense que finalement, c’est le devoir de chaque Afrodescendant », a-t-il estimé. Quatre décennies après son départ des Caraïbes, il parle d’un passage du « non-retour » au retour. « Aujourd’hui, on est de retour », a-t-il conclu, la voix chargée d’émotion.
Propos renchérit par Kiavué Francelise, guadeloupéenne : « Nous avons gagné » dit-elle tout souriant. Pour elle, l’obtention du passeport béninois revêt une portée personnelle, familiale et historique. Depuis l’enfance, son père lui narrait l’histoire de leurs ancêtres déportés. Cette transmission orale a forgé son aspiration à retrouver le pays de ses aïeux. Plusieurs générations après leur arrachement forcé, elle pose désormais le pied sur cette terre en tant que citoyenne à part entière. « Ils ont été arrachés de leur pays et leurs arrière-arrière-petits-enfants sont revenus », a-t-elle témoigné. Elle y voit la réponse d’une descendance à une blessure séculaire. « C’est une victoire. Ils n’ont pas gagné. Nous avons gagné », a-t-elle affirmé. Un acte de réparation symbolique.
À travers cette naturalisation, le Bénin poursuit sa politique d’ouverture aux diasporas africaines et afrodescendantes. Pour ces dix nouveaux citoyens, l’octroi de la nationalité marque la clôture d’un long cycle d’exil et le début d’un ancrage renouvelé sur le continent.
B.K.