Opinion de Franck OKE : Quand le débat politique perd la mesure

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Certains semblent ne manquer aucune occasion de s’illustrer dans le débat politique national. Et, malheureusement, pas toujours à leur avantage.

Il faut parfois beaucoup de mots savants, de formules alambiquées et de raisonnements prétendument sophistiqués pour, au bout du compte, ne rien produire de plus consistant qu’une charge politique contre un homme qu’on était encore, il y a quelques mois à peine, prêt à porter aux nues.

La polémique actuelle autour de l’intervention télévisée de l’ancien président Patrice Talon en est une illustration assez saisissante.

Que l’on soit favorable ou non à l’idée d’une loi destinée à encadrer davantage les congrégations religieuses est une chose. Pour ma part, je ne partage pas nécessairement cette orientation législative. Mais transformer l’évocation de cette éventualité en prétexte à un déferlement d’indignation et d’attaques personnelles en est une autre.

Il faut raison garder.

N’oublions pas que le processus d’unification de l’Église du Christianisme Céleste, engagé depuis plusieurs années, a été conduit sous l’impulsion de l’État et avec l’implication directe des plus hautes autorités de la République sous la présidence de Patrice Talon.

Dès lors, qu’un ancien chef de l’État évoque la préparation ou l’éventualité d’un texte législatif dans ce domaine ne devrait rien avoir de particulièrement extraordinaire. L’État est une continuité. Celui qui l’a dirigé hier peut parfaitement être informé de certaines initiatives institutionnelles qui se poursuivent aujourd’hui.

On peut contester le principe d’une telle loi. On peut en discuter la pertinence. On peut redouter ses conséquences. On peut même s’y opposer fermement.

Mais encore faut-il combattre une idée avec des arguments, et non un homme avec des invectives.

Ce qui me paraît donc regrettable dans la réaction actuelle, ce n’est pas la contradiction, elle est saine et nécessaire en démocratie, mais son caractère manifestement disproportionné.

Notre débat public gagnerait à sortir de cette étrange logique où les mêmes personnes peuvent, selon les circonstances, passer en quelques mois de l’adoration à l’exécration, sans jamais s’interroger sur la cohérence de leurs propres positions.

Hier, Patrice Talon était pour certains l’homme qu’il fallait absolument défendre. Aujourd’hui, la moindre de ses déclarations devient matière à procès.

Il serait peut-être temps de dépasser les passions, les postures et les règlements de comptes pour revenir à l’essentiel : les faits, les arguments et l’intérêt général.

La démocratie n’a pas besoin de moins de contradiction.

Elle a besoin de plus de discernement.

Franck OKE

 

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