Ukraine : Zelensky rejette les élections en pleine guerre et met en garde contre une fracture du pays

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Alors que son ancien ministre de la Défense Mykhaïlo Fedorov réclame la tenue d’élections malgré la guerre, le président ukrainien Volodymyr Zelensky oppose une fin de non-recevoir. Pour lui, organiser un scrutin dans les conditions actuelles ferait peser un risque majeur sur l’unité et la stabilité de l’Ukraine.

‎Le débat sur l’avenir politique de l’Ukraine prend une nouvelle dimension en pleine guerre avec la Russie. Le président Volodymyr Zelensky a fermement écarté, dimanche 23 août 2026, l’idée d’organiser des élections alors que les combats se poursuivent. Selon lui, un scrutin dans de telles circonstances pourrait profondément diviser le pays.

‎« Les élections maintenant seraient un tsunami pour l’État qui diviserait l’Ukraine », a déclaré le chef de l’État, estimant qu’un scrutin organisé pendant la guerre ferait courir des risques considérables à la nation. Sa réaction intervient après la prise de position de son ancien ministre de la Défense, Mykhaïlo Fedorov, qui a récemment appelé à la reprise du processus électoral malgré le conflit.

‎Un appel qui bouscule le pouvoir

‎Ancien proche allié de Zelensky, Mykhaïlo Fedorov avait été écarté du ministère de la Défense en juillet. Sa destitution avait provoqué des manifestations en Ukraine. Quelques semaines plus tard, il a publiquement plaidé pour la tenue d’élections, tout en dénonçant des problèmes de gouvernance et de corruption au sein du pouvoir.

‎Cette initiative constitue l’un des principaux défis politiques lancés au président ukrainien depuis le début de l’invasion russe à grande échelle en 2022. Les partisans de Fedorov ont toutefois eux-mêmes exprimé des réserves sur l’idée d’organiser immédiatement un scrutin.

‎La loi martiale au cœur du problème

‎En Ukraine, la loi martiale actuellement en vigueur empêche l’organisation d’élections. À cette difficulté juridique s’ajoutent d’importants obstacles pratiques : une partie de la population a été déplacée par la guerre, des millions d’Ukrainiens vivent à l’étranger et de nombreux citoyens sont engagés sur le front.

‎Zelensky estime ainsi qu’un scrutin ne pourrait être envisagé que dans des conditions garantissant sa sécurité, sa légitimité et la possibilité pour les militaires, les déplacés et les Ukrainiens vivant hors du pays de participer. Le président affirme toutefois qu’aucun partenaire occidental n’a présenté, à ce jour, de mécanisme concret permettant de réunir ces conditions.

‎Une majorité préfère attendre la fin des combats

‎Selon une enquête publiée le 5 août par l’Institut international de sociologie de Kiev, 57 % des Ukrainiens souhaitent que les élections soient organisées après la fin des hostilités.

‎Face à cette situation, Volodymyr Zelensky affirme que sa priorité demeure la fin de la guerre et la préservation de l’indépendance et de la souveraineté de l’Ukraine. Pour le président, la question électorale devra donc attendre que les conditions permettent un scrutin réellement sûr et démocratique.

‎Aser ABALLO