À la frontière entre le Cameroun et la RCA : Un éboulement dans une mine d’or fait plus d’une centaine de morts

Afrique

À la frontière entre le Cameroun et la République centrafricaine, un éboulement survenu ce mardi 18 août dans la mine d’or artisanale de Zamboyé a fait une centaine de morts. Les recherches se poursuivaient ce mercredi 19 août, pour retrouver des disparus, et le bilan, encore provisoire, est appelé à s’alourdir.

C’est vers 14h que l’accident s’est produit, ce mardi 18 août, alors que plusieurs centaines d’orpailleurs se trouvaient sur le site aurifère de Zamboyé, à environ 50 kilomètres de la ville centrafricaine de Baboua et non loin de Garoua-Boulaï, ville camerounaise frontalière. Les populations des deux côtés de la frontière, qui partagent la même culture et la même langue, exercent aussi les mêmes activités minières.

Une partie du sol de ce vaste chantier à ciel ouvert s’est détachée et a enseveli des dizaines de mineurs, pour la plupart des orpailleurs clandestins qui creusaient en contrebas, selon des images de témoins relayées par RFI . Le bilan s’alourdit au fil des heures. En début d’après-midi, le maire de Garoua-Boulaï, faisait part à RFI d’un bilan de 107 victimes. Le député de Baboua, Laurent Ngon Baba, reconnaissait qu’« à ce stade, il nous est difficile d’établir un bilan formel ». Au moins quatre ressortissants camerounais figurent parmi les victimes, selon le média public Cameroon Tribune.

Des mineurs ensevelis dans les galeries souterraines

« C’est catastrophique. Le sol s’est complètement écroulé et a enseveli des gens »,  a témoigné Cédric Mbango, mineur sur le site de Zamboyé. Une vidéo de l’accident, qui a circulé sur les réseaux sociaux, montre une partie du sol de ce chantier minier à ciel ouvert, où travaillent des centaines d’orpailleurs artisanaux, se détacher et ensevelir de nombreux mineurs sur son passage.

L’un des sites les plus dangereux de la zone

Le site de Zomboï est connu pour être l’un des plus dangereux dans cette zone frontalière entre le Cameroun  et la République centrafricaine . Des syndicats actifs dans le secteur dénoncent des conditions de sécurité qui ne sont pas respectées. Les accidents sur les chantiers sont récurrents dans l’est du Cameroun.

L’exploitation semi-industrielle menée par des sociétés chinoises ainsi que des orpailleurs camerounais et centrafricains fragilise les sols, rendant les éboulements fréquents.

L’éboulement aurait été provoqué par l’effondrement de plusieurs galeries souterraines dans lesquelles des mineurs opéraient, a indiqué le parquet de Baboua dans un communiqué annonçant l’ouverture d’une enquête judiciaire. Des rescapés ont été transportés à l’hôpital de Baboua, tandis que les recherches se poursuivaient ce mercredi.

Zamboyé, l’un des sites miniers les plus dangereux

Le site de Zamboyé est connu pour être l’un des plus dangereux de cette zone frontalière entre le Cameroun et la République centrafricaine, selon RFI. Des syndicats actifs dans le secteur dénoncent des conditions de sécurité qui ne sont pas respectées, et des accidents sur les chantiers récurrents dans l’est du Cameroun.

L’exploitation semi-industrielle menée par des sociétés chinoises, ainsi que par des orpailleurs camerounais et centrafricains, fragilise les sols et rend les éboulements fréquents. Les éboulements sont fréquents dans les mines de Centrafrique, un pays d’Afrique centrale dont les sols sont riches et convoités, souvent exploités illégalement, hors de tout contrôle étatique.

« Nous travaillons en étroite collaboration avec nos collègues centrafricains pour gérer les suites de ce drame », a assuré Grégoire Mvongo, gouverneur de la région camerounaise de l’Est, à la radio publique camerounaise CRTV. Sur place, la zone reste isolée et difficile d’accès, et le réseau téléphonique y est instable, selon TV5MONDE.

Une zone minière déjà endeuillée

Des équipes étaient en route mercredi vers la localité pour tenter de dégager les survivants et récupérer les corps ensevelis sous les décombres; plusieurs dizaines de blessés étaient acheminés vers l’hôpital de Baboua, à 60 kilomètres du site, selon TV5MONDE.

Ce n’est pas le premier drame sur les sites aurifères de la région. Un précédent effondrement s’était produit mi-juin sur le chantier de Bé-Mbari, dans le même département de Nana-Mambéré avec un bilan de 62 morts, selon TV5MONDE. Cet accident serait l’un des plus meurtriers enregistrés cette année dans le pays.

Paul Crescent Beninga, secrétaire général du Groupe de travail de la société civile (GTSC), qui a mené une étude sur la dangerosité du chantier de Zamboyé, selon TV5MONDE, a dénoncé l’inaction des pouvoirs publics centrafricains face à un site qui échappe, selon lui, au contrôle de l’État. « Nous sommes en saison des pluies. Cela va de soi que l’on doit interdire l’accès au site à cette saison », a-t-il déclaré à RFI.

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