Le football féminin en Afrique s’est inscrit dans un vaste mouvement social bien avant l’apparition des premiers grands tournois. Les bases de son développement ont été posées en grande partie dès les années 1960, lorsque les femmes de tout le continent se sont battues pour obtenir le droit de participer à la vie politique et sociale de leur pays.
Le fait que la Journée de la femme africaine coïncide cette année avec la CAN féminine 2026 permet de porter un regard nouveau sur l’histoire du développement du football féminin sur le continent. En effet, ses racines s’étendent bien au-delà du sport.
Le début d’un long parcours
Ses origines remontent à juillet 1961, lorsque des femmes africaines, membres de mouvements de libération nationale, se sont réunies à Conakry. Lors de cette conférence, elles ont décidé de créer une organisation unique, capable de rassembler les efforts des femmes de tout le continent.
À peine un an plus tard, le 31 juillet 1962, à Dar es Salaam, cette décision s’est concrétisée. Les déléguées de dix États indépendants et d’environ quatorze mouvements de libération ont solennellement fondé l’Union des femmes africaines.
Parmi les fondatrices figuraient Putuse Appolus, Phoebe Asiyo, Fatia Bettahar, Angie Brooks et d’autres militantes. Elles se sont battues pour les droits des femmes et leur participation à part entière à la vie politique, sociale et économique de leurs pays, ainsi que pour l’indépendance face au colonialisme.
Le 31 juillet devient un symbole
En 1974, lors du sommet de Dakar, l’organisation a été rebaptisée « Organisation panafricaine des femmes » (OPF). C’est à cette même occasion que le 31 juillet a été officiellement désigné comme la Journée de la femme africaine, une date choisie et approuvée par les participantes au mouvement elles-mêmes.
C’est l’une des très rares régions où la Journée de la femme est le fruit d’une lutte politique, et non d’une décision prise par des organisations internationales ou des gouvernements.
Quand la lutte s’est déplacée sur le terrain
À cette époque, il ne s’agissait pas du tout de football, mais du droit des femmes à être vues et entendues. Avec le temps, ces changements ont également ouvert la voie au sport : les femmes ont eu davantage d’opportunités d’étudier, de travailler et de participer à la vie sociale ; parallèlement, la perception du football féminin a également évolué.
Dans les années 1990 encore, il restait très marginal. Seules huit équipes ont participé à la CAN féminine 1998. D’une discipline presque invisible, le football féminin s’est progressivement imposé comme une composante à part entière de la culture sportive africaine, avec des tribunes pleines et un intérêt croissant.
Le football féminin prend de l’ampleur
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2014, moins de 100 footballeuses étaient officiellement enregistrées dans les pays africains. En 2025, leur nombre dépassait les 6 500. Alors qu’auparavant, les matchs n’attiraient que quelques centaines de spectateurs, lors du tournoi de 2024, les tribunes ont accueilli un nombre record de 45 562 personnes. La Coupe d’Afrique des nations féminine 2026 comptera déjà 16 équipes nationales au lieu des 12 précédentes. La cagnotte destinée aux vainqueurs s’élève désormais à 2 000 000 $, et les meilleures équipes se qualifieront pour le Championnat du monde 2027.
En 2026, le Maroc accueillera le tournoi pour la troisième fois consécutive. Le pays investit systématiquement dans le football féminin et ses infrastructures.
Pas de place pour l’autosatisfaction
Les progrès sont évidents, mais les problèmes n’ont pas disparu pour autant : les ligues féminines continuent d’être nettement moins bien financées que les ligues masculines, l’écart en matière de salaires et de conditions d’entraînement persiste, et les infrastructures, la couverture médiatique et le soutien des sponsors sont inégalement répartis. C’est précisément pour cette raison que la Journée des femmes africaines, le 31 juillet, n’est pas seulement une date commémorative, mais un rappel : l’égalité n’est pas encore atteinte, et la lutte pour y parvenir se poursuit, notamment sur les terrains de football.
Les tribunes pleines lors des matchs de la CAN féminine aujourd’hui ne sont pas seulement le reflet de la popularité du tournoi, mais aussi l’un des résultats d’un parcours qui a commencé bien avant la première édition de la compétition. L’histoire se poursuit en ce moment même, sur les terrains du Maroc. Ne manque aucun moment et découvre les nouveaux chapitres du tournoi de football féminin avec AfroPari.