Cette semaine, madame Christhelle Houndonougbo Alioza valorise, à travers sa tribune, la femme . « A la femme africaine, à la femme béninoise, à la femme noire , celle qui porte la vie dans la fatigue et la dignité, celle qui avance malgré les obstacles, celle qui bâtit sans bruit mais avec puissance, qu’elle sache ceci : son combat est noble, sa valeur est immense et son avenir est grand », dit–elle. Lire la suite de la Tribune de CHA ..
Chers ami.e.s
« Avant d’être un chef d’État, un savant, un artiste, un entrepreneur ou un simple citoyen, chaque être humain a d’abord reposé sous le cœur d’une femme. Respecter la femme, c’est honorer la première demeure de la vie. »
Par la grâce de Dieu, une nouvelle semaine s’ouvre à nous comme une promesse silencieuse. Chaque matin qui se lève est une invitation à mieux comprendre le monde, mais surtout à mieux honorer celles et ceux qui, dans l’ombre ou dans la lumière, participent à le construire.
Parmi ces piliers de l’humanité, la femme occupe une place unique, fondamentale, originelle. Non pas parce qu’elle revendique une importance, mais parce que la vie elle-même l’a placée au centre du mystère de l’existence. Parler de la femme ne revient pas à parler du “féminin de l’homme”. C’est parler d’une identité complète, d’une dignité absolue, d’une intelligence sensible et d’une force créatrice qui façonne le monde depuis toujours. La femme n’est ni une copie, ni une version secondaire de l’humanité. Elle en est une expression essentielle, irremplaçable.
Tout commence souvent dans les bras d’une femme. Avant même les mots, l’enfant apprend le monde à travers le regard de sa mère. Avant les règles de la société, il découvre la douceur, la patience, la peur, la consolation et l’amour. Une mère qui veille sur son enfant malade au milieu de la nuit sans se plaindre, une grand-mère qui raconte des histoires pour apaiser les chagrins, une jeune fille qui renonce à son repas pour nourrir son petit frère : ces scènes simples, invisibles aux statistiques, sont pourtant les fondations morales de toute société. Maria Montessori le disait « L’avenir de l’humanité se construit dans l’enfance. » Et cet avenir repose souvent, dans ses premières années, sur une femme.
La femme donne la vie, mais elle donne bien plus encore. Elle donne la force à un homme découragé de continuer, elle donne la confiance à un enfant qui doute de lui-même, elle donne la stabilité à une famille en crise. Combien d’hommes ont survécu à leurs tempêtes intérieures grâce à une femme qui a cru en eux ? Combien de jeunes filles ont échappé au désespoir parce qu’une enseignante, une sœur ou une mère leur a dit un jour « Tu es capable » ? Victor Hugo écrivait « La femme est l’être qui fait de la lumière avec de la douleur. » C’est là l’un des plus grands mystères de l’humanité.
La beauté d’une femme ne se limite ni à son apparence ni à ses ornements. Elle se lit dans sa constance, sa bienveillance et sa dignité. Une femme qui travaille au marché sous le soleil brûlant pour scolariser ses enfants, une infirmière qui tient la main d’un patient en fin de vie, une enseignante qui répète la même leçon jusqu’à ce que chaque élève comprenne, une entrepreneure qui recommence après un échec sans abandonner : voilà la véritable esthétique de la femme, une beauté qui agit, qui persévère et qui relève.
Là où la violence divise, la femme cherche souvent à réparer. Dans de nombreux foyers, c’est elle qui apaise les tensions et maintient le lien lorsque tout menace de se briser. Dans les communautés, elle organise, réconcilie et écoute sans juger. Une femme peut transformer une querelle en dialogue simplement par sa présence. C’est pourquoi une société qui marginalise ses femmes se fragilise elle-même.
Réduire la femme à la sphère domestique serait une injustice historique. Elle est aujourd’hui au cœur de toutes les dynamiques de développement. Dans les marchés de Cotonou, elle fait vivre des familles entières par le commerce. Dans les hôpitaux, elle soigne avec endurance et compassion. Dans les écoles, elle forme les générations futures. Dans les champs, elle nourrit les villes. Dans les administrations, elle participe à la gouvernance. Dans les entreprises, elle innove, dirige et crée de la valeur. Sans elle, aucune économie ne peut tenir durablement.
L’histoire contemporaine nous offre des exemples puissants. Angela Merkel a dirigé l’Allemagne avec rigueur et stabilité dans des périodes de crises mondiales. Michelle Obama a transformé son influence en combat pour l’éducation et la santé des familles. Kamala Harris incarne pour des millions de jeunes filles la possibilité d’accéder aux plus hautes responsabilités. Mais il ne faut pas oublier les femmes anonymes : la vendeuse de rue qui élève seule ses enfants, l’étudiante qui travaille la nuit pour payer ses études, la mère qui sacrifie ses rêves pour ceux de sa famille. Elles aussi écrivent l’histoire.
Lorsqu’une femme s’élève, ce n’est jamais un mouvement solitaire. Elle entraîne avec elle un foyer, des enfants, une communauté. Une femme éduquée élève des enfants éduqués. Une femme respectée construit une famille stable. Une femme épanouie inspire une génération. C’est pourquoi investir dans une femme, ce n’est pas un geste social : c’est un choix stratégique pour l’avenir d’une nation.
Respecter la femme ne devrait jamais être un slogan, mais une exigence morale. Une société juste se reconnaît à la manière dont elle protège les plus vulnérables et valorise les plus silencieux. Et trop souvent, la femme est les deux à la fois. En cette nouvelle semaine, choisissons un regard différent : un regard qui respecte pleinement, qui élève au lieu de réduire, qui valorise au lieu d’ignorer. Car une société qui honore la femme ne construit pas seulement un présent plus équilibré : elle prépare un avenir plus humain.
À vous, fidèles lecteurs des Chroniques de CHA, merci pour votre engagement dans ces espaces de réflexion. Que chaque mot semé ici contribue à éveiller les consciences et à bâtir un monde où la dignité humaine est pleinement respectée.
Et à la femme africaine, à la femme béninoise, à la femme noire , celle qui porte la vie dans la fatigue et la dignité, celle qui avance malgré les obstacles, celle qui bâtit sans bruit mais avec puissance, qu’elle sache ceci : son combat est noble, sa valeur est immense et son avenir est grand.
CHA
Femme Noire, Femme de Pouvoir, Femme de lumière !