Deux personnes ont été interpellées, après la découverte de l’excision de cinq fillettes âgées de 3 à 9 ans, selon un communiqué du ministère de la Femme. Cela s’est passé dans la nuit du 30 juin dernier, à Bongouanou, dans le centre-est du pays. Ce département dénonce un acte criminel. Cette affaire relance le débat sur la persistance de cette pratique, souvent entretenue par des croyances culturelles ou religieuses.
« Les examens médicaux ont révélé une ablation totale du clitoris ainsi que des petites et des grandes lèvres. Les enfants souffrent d’hémorragies, de douleurs intenses, de rétentions urinaires et de graves traumatismes psychologiques », c’est en ces termes que le ministère ivoirien de la Femme décrit les blessures infligées à cinq fillettes victimes d’excision à Bongouanou.
Le drame suscite l’indignation des acteurs engagés contre les mutilations génitales féminines. « C’est un crime odieux », estime Sibiri Coulibaly, directeur exécutif de la fondation Djigui qui ajoute : « Malgré les campagnes de sensibilisation, il existe encore des poches de résistance dans certaines communautés. Cela nous écœure et nous sommes profondément touchés. Mais il est plus urgent de passer à la phase répressive parce que les dispositions juridiques existent. »
Interdiction par la loi de l’excision
Malgré son interdiction par la loi ivoirienne, l’excision continue d’être pratiquée dans la clandestinité.
Pour la justifier, certaines familles invoquent la religion, une confusion que l’imam Abdallah Djiguiba Cissé s’attache à déconstruire, depuis près de 30 ans : « C’est une pratique avilissante. Les douleurs n’en parlons pas. Mais également les conséquences à court, moyen et long terme sont très, très nombreuses. C’est le droit de la femme à la santé et cela ne peut pas être contredit par la religion. »
Selon la dernière enquête MICS, plus d’une femme ivoirienne sur trois âgée de 15 à 49 ans a subi une mutilation génitale féminine. Chez les filles de 0 à 14 ans, la prévalence est estimée à 10 %.