Première réunion annuelle du Consortium NAFASI : RFLD revient de Harare avec une feuille de route renforcée pour les 31 prochains mois

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Après trois jours d’intenses échanges à Harare, au Zimbabwé, la délégation du Réseau des Femmes Leaders pour le Développement (RFLD) dresse un bilan riche en enseignements de la première réunion annuelle du consortium NAFASI. Coordination, gouvernance, souveraineté numérique, intégration du genre et engagements opérationnels figurent parmi les principaux acquis de cette rencontre stratégique qui balise la mise en œuvre du projet à l’échelle continentale.

Réunie à Harare du 23 au 26 juin 2026, la première réunion annuelle du consortium NAFASI a permis aux partenaires de mise en œuvre de faire le point sur les cinq premiers mois d’exécution du programme et de mieux préparer les 31 mois restants. Le Réseau des Femmes Leaders pour le Développement (RFLD) y était représenté par une délégation composée de Heuleche Tognonmegni, Abigael Olaleye et Ashifie Gogo.

‎Au terme des travaux, la délégation du RFLD estime que la rencontre a permis d’approfondir la compréhension des défis liés à la construction d’une coalition continentale dans un environnement numérique en constante évolution.


L’un des principaux enseignements de la rencontre est que la coordination parmi les organisations partenaires constitue un pilier essentiel de la réussite du projet. Un exercice de simulation de crise de coupure numérique, animé par Munya Dodo de Moto Labs, a démontré que la capacité de réaction collective est tout aussi déterminante que les performances individuelles des organisations. Les partenaires ont ainsi convenu de poursuivre le renforcement des mécanismes de coordination interorganisationnelle.

Les discussions ont également confirmé que l’intégration du genre constitue un principe fondateur de la programmation de NAFASI. À travers une présentation consacrée à cette thématique, le RFLD a rappelé que la prise en compte du genre ne représente pas une dimension additionnelle, mais une approche qui oriente la conception même des activités du consortium.

La souveraineté numérique a aussi occupé une place importante dans les débats. Paul Munatsi, de Digital Society Africa, a souligné que la maîtrise des données et le développement d’infrastructures cloud africaines constituent des conditions indispensables au renforcement de la résilience de l’espace civique sur le continent.

Sur le plan de la gouvernance, les partenaires ont harmonisé les règles relatives au sous-octroi des subventions, à la gestion financière et aux mécanismes de conformité. Une formation anticorruption ainsi qu’une session consacrée à la gouvernance interne ont permis de préciser les standards que le consortium entend appliquer dans sa gestion.

Les échanges ont également porté sur la stratégie de communication. Les partenaires ont convenu que le récit continental porté par NAFASI devra être décliné en anglais, en français et en portugais, tout en préservant les spécificités de chaque espace linguistique. L’équipe communication du RFLD repart ainsi avec une vision claire de l’articulation des contenus francophones au sein de l’architecture narrative du consortium.

 

Formalisation d’engagements assortis d’échéances précises


La rencontre n’a pas été limitée aux sessions techniques. Une promenade en forêt, volontairement intégrée au programme par Magamba Network, a rappelé que le renforcement de l’espace civique passe également par des relations humaines solides et des moments de collaboration en dehors des écrans.

Les travaux par pilier ont permis à chaque partenaire de préciser ses responsabilités stratégiques. Pour le RFLD, les activités portent principalement sur le pont féministe et francophone dans le cadre des piliers 1 et 3. Le « Café des engagements » a ensuite donné lieu à la formalisation d’engagements assortis d’échéances précises pour l’ensemble des organisations membres.

‎Au terme de la réunion, quatre principaux acquis se dégagent pour le RFLD : une gouvernance désormais consolidée, un plan de travail harmonisé avec Magamba et DefendDefenders pour l’année à venir, un cadre financier clarifié pour la gestion des subventions et une collaboration renforcée entre les différentes cultures organisationnelles du consortium.

‎La rencontre a également permis de mettre en valeur l’identité institutionnelle du RFLD. Présent dans quatre bureaux pays à Porto-Novo, Dakar, Accra et Banjul, le réseau rassemble 670 organisations dans plus de 35 pays africains et conduit des programmes dans plus de 15 États. Il bénéficie du statut d’observateur auprès de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples et intervient auprès des 55 États membres de l’Union africaine à travers plusieurs pôles politiques continentaux. Son Outil d’intégration du genre demeure une méthodologie développée et détenue par l’organisation.

‎Selon la délégation, cette identité propre confère au RFLD un rôle spécifique au sein de NAFASI, notamment grâce à son expertise afroféministe, son rayonnement francophone et lusophone, son accès aux instances continentales et son engagement en faveur de la protection des femmes défenseuses des droits humains.



Enfin, la visite culturelle organisée à Harare, notamment au Studio Moto et à Moto Republik, a permis aux participants de mieux comprendre l’écosystème créatif et civique développé par Magamba Network. Une expérience qui illustre, selon les participants, le potentiel d’une collaboration étroite entre innovation, création artistique et engagement citoyen dans le déploiement des actions de NAFASI à travers le continent.


‎Aser ABALLO

 

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