CITA 2026 : L’ANSALB place le foncier numérique et les villes intelligentes au cœur du développement durable

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‎Réunis à Cotonou pour la 4ème édition de la Conférence internationale des technologies de l’information et de la communication (CITA 2026), chercheurs, universitaires, décideurs publics et experts du numérique réfléchissent aux solutions technologiques capables de transformer durablement la gestion foncière et urbaine en Afrique. L’événement met en lumière les avancées du Bénin dans la dématérialisation du foncier et la construction de villes plus résilientes.

‎L’Académie Nationale des Sciences, Arts et Lettres du Bénin (ANSALB) a procédé, ce jeudi 25 juin 2026, à l’ouverture de la quatrième édition de la Conférence internationale des technologies de l’information et de la communication (CITA 2026) à l’Institut des Sciences Biomédicales Appliquées (ISBA) au Champ de Foire de Cotonou.

‎Placée sous le thème « Fonciers, villes intelligentes et développement durable », cette rencontre scientifique rassemble durant deux jours des universitaires, chercheurs, responsables institutionnels, collectivités territoriales, acteurs du numérique et partenaires techniques autour des enjeux de la gouvernance foncière et urbaine à l’ère de la transformation numérique.

‎Un rendez-vous scientifique devenu incontournable

‎Dans son allocution d’ouverture, le secrétaire perpétuel de l’ANSALB, l’Académicien Michel Boko, a rappelé le parcours de la CITA depuis sa création en 2023. La première édition avait porté sur les risques liés à l’exposition aux rayonnements non ionisants, tandis que la deuxième s’était intéressée à la sécurité à l’ère de l’intelligence artificielle. La troisième édition, organisée en 2025, avait exploré les opportunités des TIC pour une agriculture durable.

‎L’édition 2026, ajoute-t-il,  intervient dans un contexte marqué par une urbanisation mondiale accélérée. Face à l’augmentation constante de la population urbaine, la mise en place d’infrastructures résilientes et durables apparaît comme une nécessité. Les technologies de l’information et de la communication constituent, à cet effet, un levier stratégique pour optimiser la gestion des villes, renforcer les infrastructures et améliorer la qualité des services aux citoyens.

‎Les réformes béninoises mises en lumière

‎Professeur Michel Boko a également salué les réformes engagées par le Bénin dans le cadre du Programme d’Action du Gouvernement 2021-2026, notamment la dématérialisation des titres fonciers, la modernisation des systèmes d’information et le renforcement du cadre réglementaire du secteur numérique.

‎Il a particulièrement mis en avant le Projet de modernisation de l’administration foncière, à l’origine de la base de données nationale numérique e-Foncier Bénin, ainsi que le Projet de préparation à la mise à l’échelle du cadastre national visant une couverture intégrale du territoire.

‎Pour Ahmed Kora,  vice-président chargé du développement scientifique – ANSALB, le progrès des nations repose avant tout sur la science et la formation scientifique. « Dans ce monde actuel, c’est la science qui domine », a-t-il affirmé.

‎Quatre axes pour penser la ville de demain

‎Les travaux de la conférence s’articulent autour de quatre grands axes : les villes intelligentes et les technologies émergentes au service de la gouvernance urbaine, la sécurisation de la gestion foncière par la digitalisation et la blockchain, la résilience urbaine face aux changements climatiques, ainsi que les avancées de la recherche fondamentale dans des domaines tels que l’intelligence artificielle, les réseaux 5G et 6G, la cryptographie post-quantique, l’e-santé et l’AgriTech.

‎Ces réflexions visent également à contribuer à plusieurs Objectifs de développement durable (ODD), notamment ceux liés à l’énergie propre, à l’innovation, aux infrastructures, aux villes durables et à la lutte contre les changements climatiques.

‎L’ANDF expose les progrès de la numérisation foncière

‎Le premier panel de cette conférence internationale a été consacré à « La transformation numérique de la gestion foncière : pilier des villes intelligentes en Afrique ». Les échanges ont été animés par Alidou Saré, chef du département des systèmes d’information de l’Agence nationale du domaine et du foncier (ANDF), et Hugues Sagbadja, directeur des affaires juridiques et foncières de l’institution.

‎Présentant les avancées réalisées par l’ANDF, Alidou Saré a expliqué que l’ensemble des réformes engagées depuis 2016 vise la dématérialisation complète des procédures foncières au Bénin. Cette transformation a débuté par la numérisation des archives héritées de l’ancienne administration domaniale, ouvrant la voie à la création de plusieurs plateformes numériques.

‎Parmi elles figure la plateforme ITER, dédiée à la gestion des procédures d’établissement des titres fonciers, ainsi que divers services en ligne accessibles via le portail national des services publics. L’ANDF a également développé la plateforme e-Foncier Bénin, conçue pour enregistrer toutes les parcelles du territoire national, qu’elles disposent ou non d’un titre foncier, conformément aux normes internationales.

‎Un outil contre les conflits fonciers

‎Grâce à un financement du Royaume des Pays-Bas, les opérations cadastrales ont permis de couvrir intégralement les trois communes à statut particulier que sont Cotonou, Porto-Novo et Parakou. Neuf autres communes bénéficient déjà d’une collecte partielle des données cadastrales, tandis que quatorze communes supplémentaires s’apprêtent à entrer dans le processus avec l’appui de la Banque mondiale.

‎Pour Alidou Saré, la mise en place du cadastre numérique constitue un outil majeur de connaissance du patrimoine foncier national. Elle contribue à la réduction des conflits fonciers, facilite la planification urbaine, améliore la gestion des infrastructures, sécurise les données foncières et favorise les investissements.

‎Le représentant de l’ANDF a ainsi lancé un appel aux populations concernées par les opérations cadastrales afin qu’elles participent activement aux campagnes de collecte en présentant les documents attestant de leurs droits de propriété ou de leur présomption de propriété.

‎À travers cette quatrième édition, la CITA confirme ainsi son rôle de plateforme scientifique de référence dans la sous-région, au service de l’innovation, de la gouvernance numérique et du développement durable.

‎Aser ABALLO