Approche « One Health » : L’Ansalb  et le CNLS-TP renforcent leurs capacités

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L’Académie nationale des sciences, arts et lettres du Bénin (ANSALB), via sa Commission permanente santé, a ouvert ce mardi 26 mai un atelier de renforcement des capacités sur l’approche « One Health ». Organisé en collaboration avec le Conseil national de lutte contre le paludisme, la tuberculose, les hépatites, les IST et les épidémies (CNLS-TP), l’atelier se tient jusqu’au 29 mai dans la salle de conférence du CNLS-TP à Cotonou.

 

L’objectif est clair : briser les cloisonnements entre santé humaine, animale et environnementale pour mieux anticiper les épidémies.

Pour Raphaël Darboux, secrétaire de la Commission permanente santé de l’ANSALB, le contexte ne laisse plus de place à l’attentisme. « Les problèmes de santé ne sont plus uniquement du secteur humain. Les défaillances proviennent aussi bien de l’environnement que de l’homme », a-t-il expliqué en ouverture.

Il pointe la déforestation et le rapprochement entre l’homme et la faune sauvage comme facteurs d’émergence. « Les maladies que ces animaux avaient, et qui n’étaient pas encore transmises aux hommes, atteignent progressivement l’homme à cause des mutations. Et là, l’épidémie se met en place ».

 

L’approche « One Health » vise justement à réunir tous les acteurs autour d’une même table pour détecter rapidement ces dysfonctionnements et y mettre fin. « Cet atelier met ensemble ces acteurs qui, peut-être, travaillaient chacun de leur côté », souligne Raphaël Darboux.

 Gwladys Sodogandji, chef du département Surveillance épidémiologique, Suivi et Évaluation au CNLS-TP, rappelle que le Conseil fait partie des initiateurs de la démarche. « Le conseil en lui-même prône le One Health. La santé, ce n’est pas seulement l’absence de maladie, mais un équilibre entre l’homme, l’animal et son environnement ».

Elle insiste sur l’importance de descendre au niveau communautaire. Le CNLS-TP s’appuie sur un réseau de relais communautaires pour détecter les signaux d’alerte, y compris dans les villages les plus reculés. « Un éleveur qui a un problème avec ses animaux peut contacter l’agent de santé communautaire. Tout le système est informé et peut enclencher des actions pour endiguer le mal », explique-t-elle.

 

Sensibiliser le citoyen

 

Au-delà des experts, le message s’adresse aussi au grand public. Raphaël Darboux lance un appel simple : « À chaque fois qu’il y a une manifestation de santé un peu imprécise dans une famille, il faut vite aller à l’hôpital. Il faut signaler. Quitte à ce qu’on vous dise que ce n’est rien. Derrière certaines manifestations se cachent des épidémies qui vont brutalement se déclarer ».

L’atelier s’inscrit dans la dynamique de la plateforme nationale « One Health », conçue pour coordonner les actions entre ministères, institutions de recherche et acteurs de terrain. L’espoir des organisateurs est que ces trois jours « boostent » la mise en œuvre concrète de cette approche au Bénin.

 

 

Recommandations 

 

Pendant trois jours, chercheurs, épidémiologistes et responsables de programmes vont travailler sur la surveillance, la prévention et la prise en charge des menaces sanitaires. À l’issue des travaux, un rapport contenant des recommandations sera transmis au gouvernement.

 

B.K.