Le tribunal de Pretoria a de nouveau reporté l’affaire Kémi Seba. L’activiste restera en détention provisoire au 22 mai 2026, date fixée pour la poursuite des plaidoiries. L’audience devra trancher sur sa demande de libération sous caution et sur la procédure d’extradition demandée par le Bénin.
Kémi Seba devra encore attendre pour connaître le sort à lui réservé à Pretoria. L’audience du 19 mai 2026 tenue dans un contexte tendu est renvoyé au 22 mai pour permettre aux avocats de présenter leurs plaidoiries. L’audience devait reprendre alors le 29 mai 2026 pour la suite des plaidoiries et les réponses de l’État sud‑africain.
Détenu depuis le 13 avril 2026, l’activiste, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, a comparu pour une quatrième semaine devant la justice sud-africaine. Ses avocats avaient déposé une demande de mise en liberté sous caution, à laquelle le ministère public s’est opposé.
Les faits reprochés mêlent infractions migratoires et enjeux politiques. L’activiste a été interpellé dans un centre commercial de Pretoria en compagnie de son fils et d’un homme soupçonné d’avoir organisé une traversée illégale vers le Zimbabwe via le fleuve Limpopo. Selon le parquet, 250 000 rands, soit environ 8 millions de francs CFA, auraient été versés pour faciliter le passage.
Parallèlement, le Bénin a émis deux mandats d’arrêt contre lui : l’un pour blanchiment de capitaux le 13 juin 2025, l’autre pour apologie de crime et incitation à la haine et à la violence le 12 décembre 2025. La CRIET a confirmé l’ouverture d’une procédure d’extradition.
Devant le tribunal, Kémi Seba a invoqué un risque politique en cas de retour au Bénin. Son avocat a lu une déclaration sous serment faisant état d’une « crainte fondée, non seulement perçue mais réelle, que sa vie soit en danger si retournait au Bénin sous son administration actuelle ». L’activiste a aussi indiqué avoir déposé une demande d’asile en Afrique du Sud le 28 avril 2026.
Le dossier reste complexe en raison de sa situation administrative. Déchu de sa nationalité française en juillet 2024, Kémi Seba conserve la nationalité béninoise et présente un passeport diplomatique nigérien dont la validité fait l’objet de vérifications.
Boniface KABLA