Soutenance de thèse à l'Université d’Abomey-Calavi : Michel Fangnigbé devient docteur en Sciences du langage et de la communication

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À l’Université d’Abomey-Calavi, Michel Fangnigbé a brillamment soutenu sa thèse ce mercredi 22 avril 2026, obtenant la mention « Très honorable ». À travers ses recherches en sociolinguistique, le nouveau docteur déconstruit une idée persistante : les particularités du français parlé au Bénin ne sont pas des fautes, mais des réalités linguistiques légitimes.

‎Nouveau docteur dans le domaine des sciences du langage et de la communication, Michel Fangnigbé a soutenu avec succès sa thèse portant sur « la pratique du français au Bénin : caractérisation phonétique, morphosyntaxique et sémantique ». Le travail, salué par le jury présidé par le professeur Vincent Atabavikpo, lui a valu la mention très honorable.

‎Inscrite dans la spécialité sociolinguistique et ethnolinguistique, cette recherche s’attaque à une problématique centrale : la perception des variations du français parlé par les locuteurs béninois. Selon l’impétrant, ces variations sont souvent considérées à tort comme des erreurs.



‎«Nous avons analysé les différentes variations du français sur les plans phonétique, morphosyntaxique et sémantique. Ces écarts, généralement perçus comme des fautes, sont en réalité légitimes », a expliqué le nouveau docteur à l’issue de sa soutenance. Pour lui, l’influence des langues maternelles sur le français est un phénomène normal, qui mérite d’être compris plutôt que stigmatisé.

‎Pour étayer ses analyses, Michel Fangnigbé a mené ses recherches dans plusieurs localités du Bénin, notamment à Djakotomey (milieu adja), Abomey (fon), Sakété (yoruba), Djougou (dendi) et Nikki (bàtɔ̀nù). Il a également intégré des locuteurs issus de ces différents groupes linguistiques au sein de l’Université d’Abomey-Calavi et de l’Université de Parakou.



‎Au-delà du constat scientifique, le chercheur appelle à une réforme des approches pédagogiques. Il plaide pour une meilleure prise en compte des réalités socioculturelles dans l’enseignement du français, du primaire au supérieur. « Il ne faut pas continuer à incriminer ceux qui ne parlent pas le français standard de France. Il faut intégrer les facteurs culturels et sociaux dans les programmes d’études », soutient-il.
‎Visiblement ému, Michel Fangnigbé n’a pas caché sa satisfaction après sa consécration. « C’est une joie et une fierté. Mais cette mention constitue aussi une relance pour poursuivre les recherches scientifiques et publier davantage », a-t-il confié.

Michel Fangnigbé a brillamment soutenu sa thèse ce mercredi 22 avril 2026

‎Le nouveau docteur a saisi l’occasion pour exprimer sa reconnaissance à son directeur de thèse, le professeur Moufoutaou Adjéran, ainsi qu’aux membres du jury, à ses parents et à tous ceux qui l’ont soutenu tout au long de son parcours.

‎Avec cette thèse, Michel Fangnigbé apporte une contribution significative à la compréhension du français en contexte africain, tout en ouvrant le débat sur la valorisation des identités linguistiques locales dans l’espace académique.

‎Aser ABALLO