CRIET : Le commissaire Delcoz Kindjanhoundé évoque un des quatre motifs de son appel au soulèvement

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Le commissaire de police, Delcoz Kindjanhoundé, était de nouveau à la barre de la CRIET ce lundi 20 avril 2026. La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme examine son cas depuis la mise en ligne d’une vidéo dans laquelle il exhortait la population béninoise à se dresser contre le gouvernement de Patrice Talon.

 

Une note écrite du prévenu

Poursuivi pour incitation à la rébellion, à la haine et détention illégale d’armes à feu, le commissaire Delcoz Kindjanhoundé devra encore patienter. La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a renvoyé son dossier au 15 juin 2026, à l’issue d’une deuxième audience ce lundi 20 Avril, marquée par la production d’une note écrite du prévenu.

‎La juridiction a décidé de reporter l’examen de l’affaire au 15 juin 2026, afin de permettre au ministère public d’analyser de nouveaux éléments versés au dossier. Le renvoi du dossier permettra désormais au ministère public de prendre connaissance du contenu de cette note et de formuler ses réquisitions lors de la prochaine audience. En attendant, l’affaire reste pendante devant la CRIET.  

Au cœur de cette audience, une note écrite produite par le prévenu lui-même. Sans avocat pour assurer sa défense, l’officier de police a remis aux juges un document détaillant les motivations de la vidéo controversée à l’origine de ses poursuites.

 

Delcoz Kindjanhoundé avance quatre motifs de son geste

Tout est parti d’une séquence vidéo publiée le lendemain de la tentative de coup d’État manqué du 7 décembre 2025. C’est cette publication qui vaut aujourd’hui au policier d’être poursuivi devant cette juridiction spéciale.
Devant les juges, Delcoz Kindjanhoundé a entamé l’explication de son geste. Il soutient que quatre motifs l’ont conduit à lancer cet appel. Pour l’instant, seul le premier a été exposé lors de l’audience de lundi.

‎Dans ses explications, le prévenu évoque notamment son vécu sur le terrain dans le cadre des opérations contre le terrorisme, affirmant avoir été profondément marqué par les pertes en vies humaines enregistrées. Il affirme également avoir tenté d’alerter sa hiérarchie sans succès avant de prendre la parole publiquement. Delcoz Kindjanhoundé  affirme que « les âmes des défunts » le tourmentent depuis son déploiement sur le terrain à la fin de l’année 2023. Il y aurait assisté à la mort de plusieurs de ses collègues, tombés au combat. Selon ses dires, ce traumatisme constitue le point de départ de sa démarche.

 

Le prévenu affirmait avoir agi en tant que « citoyen »

Il faut rappeler que lors de la précédente audience à la CRIET, le prévenu avait reconnu être l’auteur de la vidéo,  affirmant avoir agi en tant que citoyen. « J’ai appelé le peuple béninois à une révolution démocratique », une position qui avait suscité des interrogations du ministère public sur la compatibilité de cette démarche avec son statut d’agent des forces de sécurité.

Interrogé sur le fait d’apparaître en uniforme dans cette séquence, Delcoz Kindjanhoundé avait apporté des éléments de réponse avant d’évoquer les circonstances ayant motivé son intervention publique. Il avait notamment mentionné son déploiement dans le nord du Bénin dans le cadre des opérations de lutte contre le terrorisme, soulignant avoir été marqué par les pertes enregistrées sur le terrain. Il affirmait également avoir adressé plusieurs correspondances à sa hiérarchie sans obtenir de suite.

 

Audience reportée au 15 juin 2026

Après la note déposé à l’audience de ce lundi qui évoquee, selon lui la première raison de son appel, les trois autres justifications que le prévenu compte avancer n’ont pas encore été abordées. Le dossier n’est pas clos : la Cour a renvoyé les débats à une audience ultérieure le 15 juin 2026.

 

B.K.& A.A.

 

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