Investiture du président élu Romuald Wadagni un dimanche de Pentecôte : Le pasteur Félicien Dakodo appelle à l’unité et à la transformation

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La cérémonie de passation de charges au président élu Romuald Wadagni, prévue pour le dimanche 24 mai 2026, jour de Pentecôte, suscite déjà des lectures spirituelles. Pour le pasteur Félicien Dakodo de l’Église apostolique du Bénin, section de Missésinto, cette coïncidence dépasse le simple calendrier. Elle porte, selon lui, un message profond pour la nation béninoise.

Dans une analyse qu’il veut à la fois spirituelle et citoyenne, le pasteur Dakodo rappelle que la Pentecôte marque, dans la tradition chrétienne, l’accomplissement d’une promesse : celle du don du Saint-Esprit à des disciples rassemblés dans une unité remarquable. « Avant la manifestation de la puissance, il y a eu l’unité. Avant le courage, il y a eu l’attente commune », souligne-t-il, établissant un parallèle avec le contexte sociopolitique actuel.

Pour lui, l’investiture en ce jour symbolique constitue « un signal fort ». Comme les disciples autrefois craintifs devenus audacieux après la visitation de l’Esprit, il estime que le Bénin entre dans une nouvelle ère, appelée à être marquée par la transformation et l’engagement collectif. « C’est le moment de dépasser les clivages, de ne plus céder à la peur, mais de former un bloc uni autour du programme de société du président élu », affirme-t-il.

Le pasteur met également en lumière une autre coïncidence : cette date d’investiture s’inscrit dans une période marquée par la célébration de Nonvitcha, fête identitaire symbole de retrouvailles, d’unité et d’attachement aux racines. Un rapprochement qu’il juge porteur de sens : « L’unité célébrée dans la culture doit se prolonger dans la gouvernance et dans la vie nationale. »

Revenant sur la période électorale, le pasteur Dakodo salue l’unité qui a prévalu avant et pendant le scrutin. Une cohésion qu’il appelle à préserver tout au long du mandat. « L’unité ne doit pas être circonstancielle. Elle doit devenir un engagement durable au service du développement », insiste-t-il.

Dans son intervention, il évoque également un moment marquant de la campagne électorale, notamment la chanson entonnée par le patriarche Bruno Amoussou dans la ville natale du président élu, traduisant une reconnaissance de la souveraineté divine. Pour le pasteur, ce rappel spirituel invite le futur chef de l’État à inscrire son action sous une orientation éthique et responsable.

 

Enfin, citant le principe du chimiste Antoine Lavoisier — « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » — le pasteur y voit une exhortation à croire en une transformation possible et progressive du pays. Il appelle ainsi les Béninois à demeurer positifs, engagés et unis pour accompagner la nouvelle mandature vers un aboutissement heureux.

 

Mais le pasteur Dakodo introduit un bémol, qu’il juge essentiel. Si le point de départ est porteur d’espérance, la trajectoire, elle, dépendra de la capacité à demeurer connecté à la source divine. « L’histoire enseigne que les commencements peuvent être glorieux, mais seule une dépendance constante à Dieu garantit une fin à la hauteur du départ », avertit-il.

 

Autrement dit, l’élan de la Pentecôte ne doit pas être un simple symbole d’investiture. Il doit devenir une réalité entretenue, une relation vivante avec le divin, capable d’éclairer les décisions, de corriger les dérives et de soutenir l’action dans la durée.

 

Un appel, en filigrane, à veiller autant sur la fin que sur le commencement.

 

C.A.H.