Machine arrière  : Donald Trump retire l’image le figurant en Jésus après l’indignation de la droite religieuse américaine

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L’illustration, montrant le président américain, un halo de lumière dans les mains posant une paume sur un homme alité, avait été publiée peu après un message virulent du président américain contre le pape Léon XIV.

Est-il allé trop loin ? Donald Trump a supprimé lundi une image le représentant tel Jésus sur son réseau Truth Social, face à l’indignation de la droite religieuse américaine, assurant qu’il s’agissait en fait de lui en médecin. «Ce n’était pas une représentation. C’était moi. Je l’ai bien publiée, et je pensais que c’était moi», a réagi le président américain lundi au sujet de cette illustration générée par intelligence artificielle publiée la veille. «C’est censé être moi en tant que médecin, soignant les gens. Et je soigne les gens. Je les soigne beaucoup», a-t-il ajouté en évoquant la Croix-Rouge.

«J’ignore si le président pensait faire de l’humour, s’il est sous l’influence de substances ou quelle autre explication il pourrait donner à cet outrageux blasphème. Il doit retirer ce message immédiatement», a également déclaré sur X Megan Basham, écrivaine et podcasteuse conservatrice, habituellement proche de Donald Trump.

J.D. Vance, le vice-président américain a minimisé l’image christique en la qualifiant de «plaisanterie» lors d’une interview sur Fox News lundi. «Bien sûr, il l’a supprimé car il s’est rendu compte que beaucoup de gens ne comprenaient pas son humour», a déclaré Vance à propos de la publication. Vance a ajouté qu’il était parfois préférable pour le Vatican de s’en tenir aux questions de morale, référence aux messages de paix du pape Léon XIV.

Erosion de la base électorale

Trump a déjà utilisé des images religieuses dans ses publications : en mai, il avait publié sur sa plateforme un portrait de lui en tenue papale généré par l’intelligence artificielle, après avoir dit qu’il «aimerait être pape». Selon Matthew Taylor, chercheur à l’université Georgetown et spécialiste du nationalisme chrétien, Donald Trump a embrassé la rhétorique religieuse avec encore plus de ferveur après sa tentative d’assassinat en juillet 2024.

Le président septuagénaire – qui se dit chrétien mais ne prétend pas être particulièrement pratiquant – a bénéficié d’un soutien considérable de la part des chrétiens et évangéliques conservateurs lors de ses mandats. «De nombreux sympathisants de droite s’opposaient déjà à la guerre en Iran, et un fossé se creusait au sein de sa base catholique, mais les dénonciations du pape Léon risquent d’éroder encore davantage cette base», tout comme la publication de cette image jugée blasphématoire, explique à l’AFP Matthew Taylor.

Historienne à l’université Calvin, un établissement chrétien, Kristin du Mez nuance toutefois le constat. Si elle affirme que les soutiens religieux de Donald Trump «prennent leurs distances avec ce qui relève clairement du blasphème», elle ne décèle pas pour autant «la moindre indication qu’ils cesseront de le soutenir».