Présidentielle 2026 au Bénin : Le Patriarche Karim da Silva salue la maturité du peuple béninois

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(« Il y a une prise de conscience qui fait plaisir et qui fait que nous pouvons compter sur nous-mêmes », se réjouit le nonagénaire »)

Après deux semaines d’une campagne électorale particulièrement mouvementée, les Béninois se sont rendus dans leurs centres de vote pour désigner leur prochain président de la République. Dans la capitale Porto-Novo comme partout ailleurs dans le pays, les files se sont formées, traduisant une mobilisation que beaucoup espéraient à la hauteur de l’enjeu.

Parmi les premiers à franchir le pas ce matin-là, le patriarche Karim Urbain da Silva. Figure respectée du paysage citoyen béninois, il s’est présenté à son bureau de vote habituel, installé devant la prison civile de Porto-Novo, sans attendre que le soleil ne monte trop haut. Une ponctualité qui, chez lui, ressemble moins à un geste symbolique qu’à une conviction profonde celle que le devoir civique ne se remet pas au lendemain.

Serein, comme à son habitude

À sa sortie des isoloirs, pas de grandes déclarations fracassantes, pas de posture. Le Président du Conseil des Sages de Porto-Novo affiche cette tranquillité qui le distingue. « Mes impressions sont toujours bonnes », dit-il simplement, avec le sourire de celui qui sait pourquoi il est venu. En quelques mots, il résume l’essentiel : il a voté, il est satisfait, point.

Un message qui dépasse le scrutin

Là où le patriarche prend de la hauteur, c’est lorsqu’il s’adresse à ses compatriotes. Pas question pour lui de se perdre dans les rivalités du moment. Son regard porte plus loin. « Il y a une prise de conscience qui fait plaisir et qui fait que nous pouvons compter sur nous-mêmes », affirme-t-il, dans ces phrases courtes qui pèsent lourd.

 

 

 

Karim da Silva bénit ici le candidat Wadagni

 

Derrière ces mots, un acte de foi discret mais sincère en la maturité du peuple béninois. Un peuple qui, selon lui, n’a plus besoin de regarder ailleurs pour trouver les ressources de son propre destin.

Mais le patriarche ne s’arrête pas là. Il glisse un avertissement, ou plutôt un rappel, à ceux qui seraient tentés de laisser la chaleur électorale déraper vers l’insulte ou le mépris. « Pas de propos injurieux », dit-il, avant d’invoquer cette règle vieille comme les civilisations : ne pas faire à autrui ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fît. Une formule que tout le monde connaît, mais que peu pensent à appliquer les jours d’élection.

Trois mots pour une démocratie

Confiance en soi. Dignité dans le débat. Respect de l’autre. C’est finalement ce triangle-là que Karim Urbain da Silva a dessiné en quelques minutes devant son bureau de vote de Porto-Novo, ce dimanche matin.

 

Fréjus MASSIHOUNTON