La Confédération des organisations syndicales indépendantes du Bénin (COSI-Bénin) à travers son secrétaire général Codjo Hinlin a apporté des clarifications par rapport au soutien de l’organisation syndicale au duo Wadagni-Talata. C’était ce vendredi 10 avril 2026 sur le plateau d’Actu Matin de Canal 3 Bénin.
Interrogé sur les raisons du soutien de la Cosi Benin au duo Wadagni-Talata, le SG Codjo Hinlin a d’abord dressé un bilan critique du dialogue social sous le régime sortant. « Ces dernières années, nous avons accumulé beaucoup de frustrations. Nous n’avons pas aimé la façon dont le dialogue social a été conduit dans notre pays. Nous avons eu droit à un dialogue social formalitaire », a-t-il regretté.
Pour le SG de la COSI-Bénin, l’enjeu est clair : obtenir un gouvernement à l’écoute. « Nous ne sommes pas politiques et nous ne voulons pas des postes de ministres ou de DG. Notre problème, il faut que le prochain gouvernements puisse être à l’écoute des travailleurs, qu’on puisse discuter et dialoguer », a-t-il martelé.
Un choix assumé malgré le risque
Face aux deux tickets en lice, Wadagni-Talata et Hounkpè-Hounwanou, la Cosi- Benin dit avoir tranché après avoir écouté les candidats sur les préoccupations du monde du travail. « Avec ce que le candidat Wadagni nous a dit, malgré tout ce qu’on peut dire, il vaut mieux qu’on le soutienne avec l’espoir qu’il sera président de la République et pourra nous aider à résoudre les problèmes qui minent le monde du travail », a fait savoir Codjo Hinlin.
Interpellé sur la contradiction d’un soutien à un candidat perçu comme incarnant la continuité, le responsable syndical répond : « Il a beau côtoyer le chef de l’État, il ne peut pas être sa copie conforme. Sur certains plans peut-être, oui. Mais la façon dont il nous a parlé, il nous a donné une certaine assurance. Il fera les choses sur le plan de l’écoute, du dialogue social, autrement. Il est resté à côté de quelqu’un qui a fait, et il en a noté certaines insuffisances qu’il compte corriger. »
« C’est un pari risqué, mais nécessaire »
Conscient des implications de cette prise de position, le SG assume : « Bien sûr ! Nous sommes responsables. C’est un pari risqué. Face aux problèmes des travailleurs, nous, individus, on peut s’effacer. Le monde du travail doit continuer. »
Codjo Hinlin justifie aussi le timing de cette sortie : « Nous avons jugé opportun d’intervenir, tel que le débat public évoluait. Le problème des travailleurs ne semblait intéresser personne. Tout le monde parle de Wadagni-Talata et Hounkpè-Hounwanou, mais personne ne pense aux travailleurs. »
Dans sa déclaration, la COSI-Bénin dit avoir précisé les problèmes restés sans solution et appelle ses mandants à soutenir Romuald Wadagni, avec « l’espoir qu’il est de bonne foi » et qu’il instaurera « un dialogue permanent et constructif ».
Boniface KABLA
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