Des millions de musulmans à travers le monde ont entamé, en milieu de la semaine dernière, le ramadan. Pendant 29 ou 30 jours, de l’aube au coucher du soleil, ni eau ni nourriture. Un bouleversement alimentaire et biologique important. Pourtant, chaque année, certains fidèles sortent de ce mois affaiblis, avec des troubles digestifs, des pics d’hypertension ou des déséquilibres glycémiques. En Côte d’Ivoire, les jeûneurs sont sensibilisés à l’importance d’une bonne hygiène alimentaire durant cette période, avec un message : jeûner, oui, mais sans compromettre sa santé.
En Côte d’Ivoire, dans l’enceinte de la grande mosquée de la Riviera Golf, à Cocody, plusieurs dizaines de fidèles sont réunis ce dimanche. Pas pour la prière, mais pour écouter des conseils nutritionnels adaptés au ramadan.
Pour le nutritionniste et imam Zakarya Sidibé, le jeûne peut être bénéfique pour l’organisme, à condition d’adopter de bonnes pratiques, notamment au moment de l’iftar, la rupture du jeûne. « Le ramadan est fait pour permettre à l’organisme de se débarrasser de l’excès de triglycérides et de cholestérol. Malheureusement, quand la rupture se fait avec excès, on favorise le surpoids, l’obésité, le diabète et même l’hypertension artérielle », prévient-il.
Privé d’eau et de nourriture pendant plusieurs heures, le corps puise dans ses réserves. À l’iftar, la tentation est grande de consommer des plats gras ou très sucrés. Une erreur, prévient le Dr Mory Gbané, autre intervenant lors de cette conférence. Il recommande de privilégier une alimentation modérée et une hydratation régulière.
« Au cours de la journée, avec la chaleur actuelle, la transpiration, on peut se déshydrater, avoir des fatigues, avoir des soifs et puis faire des hypoglycémies. Donc c’est important pour le jeûneur qu’il puisse s’hydrater toute la nuit jusqu’au petit matin », explique le médecin.
Un « comportement alimentaire » à adopter après le ramadan
Pour les organisateurs, le ramadan doit aussi être un moment d’éducation sanitaire. Abdoulaye Koné, président du comité de gestion de la mosquée. « Nous avons tenu à ce que nos fidèles soient informés sur le bon comportement alimentaire pour passer un bon mois de ramadan et sachent exactement quelle alimentation continuer à prendre », souligne-t-il.
Les médecins rappellent enfin que les personnes diabétiques, hypertendues, malades chroniques ou les femmes enceintes doivent consulter avant d’envisager le jeûne. L’islam prévoit d’ailleurs des exemptions pour raisons de santé.