Benin-Nigéria  : Des voies d’accès illégales obstruées à la frontière de Sèmè-Kraké 

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A la frontière bénino-nigériane de Sèmè-Kraké, dans la commune de Sèmè-Podji, plusieurs voies d’accès menant au territoire béninois ont récemment été bloquées par l’installation de gros blocs de pierres, communément appelés « grottes ». Une mesure qui, selon certaines sources, viserait à endiguer la fraude transfrontalière, mais dont les effets sur le terrain suscitent de nombreuses interrogations.
‎Sur une distance de plus de cent mètres, à partir de la clôture du parc des gros porteurs de Kraké, ces obstacles ont été disposés pour empêcher toute circulation sur des passages jugés non officiels. Des inscriptions telles que « Passage interdit » ont même été installées, renforçant le caractère dissuasif de l’opération.
‎Cette initiative s’inscrit dans une stratégie de réduction des points d’entrée et de sortie non contrôlés, afin de mieux maîtriser les flux commerciaux et limiter l’introduction frauduleuse de marchandises sur le territoire national.
‎Cependant, cette fermeture physique des accès ne semble pas produire les résultats escomptés. Sur le terrain, les activités économiques ont fortement ralenti, affectant les populations riveraines qui vivaient du passage des voyageurs et des transporteurs. « Depuis qu’ils ont mis ces grosses pierres, plus personne ne passe. Nos activités sont quasiment à l’arrêt », confie une vendeuse, information rapportée par les confrères du quotidien Le Matinal. 
‎Paradoxalement, les réseaux de contrebande paraissent s’être rapidement adaptés. Selon plusieurs témoignages, des itinéraires alternatifs à travers la brousse sont désormais utilisés pour faire entrer clandestinement des marchandises au Bénin, souvent avec la complicité de certains riverains. Une situation qui met en lumière les limites d’une stratégie essentiellement basée sur des barrières physiques.
‎Le manque d’effectifs sur le terrain complique davantage la mission des agents des douanes, qui peinent à contrôler l’ensemble de la zone frontalière. Ainsi, malgré les mesures prises, la fraude reste persistante à Sèmè-Kraké, posant une fois de plus la question de l’efficacité des dispositifs actuels de sécurisation des frontières.
‎Pour de nombreux observateurs, seule une approche combinant présence humaine renforcée, coopération avec les populations locales et moyens de surveillance modernes pourrait permettre d’apporter une réponse durable à ce fléau qui fragilise l’économie nationale.
‎A. ABALLO