Le parquet spécial de la CRIET a requis une peine lourde contre le communicateur du parti Les Démocrates. Poursuivi pour harcèlement électronique et diffusion de fausses informations, Julien Kandé Kansou rejette les faits tandis que ses avocats dénoncent une atteinte à la liberté d’expression. Le dossier est renvoyé pour délibéré.
L’opposant Julien Kandé Kansou était de nouveau à la barre de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) dans une affaire qui continue de susciter l’attention. À l’issue des débats, le ministère public a requis deux (02) ans de prison ferme et une amende de 10 millions de francs CFA contre le prévenu.
Des écrits jugés sensibles
Au cœur des poursuites figurent des messages dans lesquels Julien Kandé Kansou évoque notamment une « révolution électorale » et critique ce qu’il présente comme un accaparement du pouvoir économique et institutionnel. Des propos que le ministère public considère comme de nature à troubler l’ordre public.
Face à la Cour, l’accusé a maintenu sa ligne de défense : il affirme avoir exercé son droit à la parole en tant qu’acteur politique, sans intention de nuire ni d’inciter à la violence.
Les avocats de Julien Kandé Kansou ont développé plusieurs arguments pour obtenir sa relaxe. Ils ont d’abord soutenu que les éléments du dossier ne permettent pas de caractériser les infractions poursuivies, notamment en l’absence de preuves matérielles suffisantes établissant un harcèlement ou une volonté délibérée de diffuser de fausses informations.
Ensuite, la défense a insisté sur le fait que les propos incriminés relèvent du débat politique, protégé par la liberté d’expression. Selon eux, les publications de leur client s’inscrivent dans un contexte d’opinion et de critique du fonctionnement des institutions, ce qui ne saurait être assimilé à une infraction pénale.
Enfin, ils ont mis en garde contre une décision qui pourrait, selon eux, créer un précédent dangereux pour la liberté d’expression au Bénin, en particulier pour les acteurs politiques et les citoyens engagés sur les réseaux sociaux.
Dossier renvoyé en délibéré
Après les réquisitions du parquet et les plaidoiries de la défense, la Cour a décidé de renvoyer le dossier en délbéré. Le verdict est attendu le 28 Avril 2026
A.A
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