A une semaine du démarrage de la campagne électorale du scrutin du 12 avril 2026, le candidat de la majorité présidentielle, Romuald Wadagni, s’est exprimé sur les circonstances de sa désignation ainsi que sur ses relations futures avec le chef de l’État sortant, Patrice Talon.
Dans un entretien accordé à Jeune Afrique, le ministre de l’Économie et des Finances confie que la perspective d’accéder à la magistrature suprême ne figurait pas initialement dans son plan de carrière. Sa désignation, explique-t-il, est le fruit d’un consensus au sein de la majorité présidentielle, impliquant notamment Joseph Djogbénou et Abdoulaye Bio Tchané.
Ce processus, dit-ili, traduit la cohésion du camp au pouvoir dans un contexte électoral marqué par une concurrence limitée.
Quid de son autonomie?
Mais au-delà de la désignation, c’est surtout la question de son autonomie qui alimente les débats dans l’opinion publique. Sur ce point, le candidat se veut ferme : il rejette toute idée de dépendance vis-à-vis de son mentor politique, affirmant ne pas appartenir à ceux qui estiment devoir leur pouvoir à un parrain politique. « Le président Talon est un homme de parole. Si je suis élu, il s’effacera », a-t-il confié à Jeune Afrique.
En réponse aux inquiétudes, Patrice Talon a, de son côté, assuré qu’il se retirera de la gestion du pouvoir à l’issue de son mandat, une déclaration destinée à dissiper les soupçons d’influence sur son successeur.
Malgré ces assurances, les deux hommes affichent une proximité assumée, partageant une vision commune des grandes orientations politiques et économiques du pays. Une convergence qui, pour les observateurs, illustre à la fois la continuité annoncée et les défis liés à l’affirmation d’un leadership propre pour le candidat de la mouvance.
A quelques semaines du scrutin, cette prise de parole marque ainsi une étape stratégique pour Romuald Wadagni, engagé dans une double équation : rassurer sur la stabilité du cap tout en convainquant de sa capacité à incarner une gouvernance autonome.
Aser ABALLO