À peine le scrutin du 11 janvier 2026 achevé que les premières contestations ont afflué à la Cour suprême. Mais la haute juridiction recadre le débat électoral, rejetant cinq recours introduits par des partis politiques, jugés prématurés en l’absence de proclamation officielle des résultats par la CENA.
Saisie par l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R) et le Bloc Républicain (BR), la Cour suprême a rendu, ce vendredi 16 janvier 2026, une décision de principe dans le cadre du contentieux des élections communales. Les cinq premières requêtes enregistrées ont été rejetées pour cause de précocité.
Dès le 12 janvier, au lendemain du scrutin, la haute juridiction a commencé à recevoir des recours alors même que la Commission électorale nationale autonome (CENA) n’avait pas encore proclamé les résultats officiels. Entre le 12 et le 15 janvier, cinq requêtes ont été introduites, visant notamment les communes d’Akpro-Missérété, Toffo, Damè et Porto-Novo.
Les requérants invoquaient plusieurs griefs, allant de présumées erreurs dans la compilation des suffrages à des accusations de corruption d’électeurs et de manœuvres frauduleuses massives le jour du vote. Certains ont demandé la correction des résultats provisoires, tandis que d’autres sollicitaient l’annulation pure et simple du scrutin dans les localités concernées.
Les recours ont été examinés en audience par une cour présidée par le conseiller Ibrahim David Salami, avec l’assistance des conseillers-rapporteurs Édouard Gangny et Ismaël Sanoussi. Le ministère public était représenté par l’avocat général Jacques Hounsou.
À la barre, les parties ont exposé leurs arguments. La CENA, également mise en cause, a soutenu que la saisine de la Cour était prématurée, soulignant qu’aucune proclamation officielle des résultats n’était encore intervenue. Elle a par ailleurs indiqué ne pas être compétente pour procéder à des corrections à ce stade du processus électoral. Le parquet général a abondé dans le même sens, concluant à l’irrecevabilité des recours pour cause de précocité.
Par cette décision, la haute juridiction rappelle le strict respect du cadre procédural en matière de contentieux électoral. Elle renvoie les parties à attendre la proclamation des résultats par la CENA, préalable indispensable à toute contestation recevable devant la Cour suprême.
Aser ABALLO